N’êtes-vous pas étonnés, séchés, sciés, scotchés, estomaqués, abasourdis, interloqués, suffoqués, sciés, sidérés (s’il vous en manque, allez voir le dico des synonymes que je ne consulte jamais, sans doute par pure suffisance) en voyant s’aligner au départ de la course à l’échalote présidentielle, deux anciens premiers ministres comptables du désastre économique, social et moral de cette décennie, roulant des mécaniques et se définissant comme les seuls raisonnables et, en quelque sorte, présentables. Deux anciens premiers ministres, évidemment sinistres, qui ont déclenché, pour Edouard Philippe, les Gilets jaunes et le (ou la pour les virologues féministes) COVID ; pour Gabriel Attal une crise gouvernementale et parlementaire qui dure encore. Les deux ayant ardemment creusé cette dette, dite Macron, de mille milliards... au soleil ! Mais ce n’est pas tout ! Le pire, aussi bien par l’incompétence que par sa cuistrerie et sa duplicité, le clone en réalité de celui qu’il nous faudra supporter huit mois encore, vous l’avez démasqué - enfin c’est à espérer ! -, Raphaël Glucksmann ! Il n’a pas seulement en commun cette tête à claque caractéristique du premier de la classe et ce charisme de courgette farcie, ce fameux et même projeeeeet en guise de programme suppositoire consistant à gaver les milliardaires, il est aussi un bon cheval de Troie de l’ultra-libéralisme, qu’il éprouva d’abord au service d’un président américanolâtre en Géorgie, puis au plus près de Sarkozy. Oui, quand même ! Avec la même mission fétide à mes yeux, mais que je conçois jouissive aux leurs, de saborder une vraie gauche enfin reconstituée. Nous aurons peut-être à en reparler si l’intrus parvient à franchir l’obstacle des primaires dites socialistes. A ce propos, si vous avez quinze balles à jeter, allez donc plutôt voter Ségolène, qu’on rigole un peu en découvrant la tête du ravi de la crèche tulliste…
Bon mais enfin, en remontant toutes ces sombres années où la France s’est abaissée, déconsidérée, vautrée dans le déshonneur en couchant pêle-mêle avec le MEDEF, l’OTAN, l’ICE, la CIA et le MOSSAD, je tenais d’ores et déjà à adresser mes meilleurs ressentiments à mes anciens amis, Gabrielle, Gérard, Jean-Jacques, Michel, Roger et j’en épargne d’autres, qui, naguère, m’ont expliqué la vie et les grands mérites de ce jeune et génie président. A tous ceux qui, ils étaient trop nombreux pour être honnêtes, nous ont certifié que Macron était l’homme de la situation, moderne, visionnaire, disrupteur et je ne sais quelles conneries. L’équivalent de Mozart transposé à la finance ! Et, argument suprême, un-véritable-rempart-contre-le-Pen-et-les-fascistes ! Adresser à tous, ceux que j’ai désigné et les autres, dont certains me lisent peut-être encore, mes plus sincères félicitations pour leur clairvoyance - ou leur honnêteté ! - et mes plus vifs remerciements pour la merde dans laquelle ils nous ont abandonnés. L’un de mes éminents collègues de Brèves de presse qui sévit également sur Bluesky (@brevesdepresse.bsky.social) a récapitulé la totalité de l'œuvre économique, sociale et politique de Saint-Emmanuel-les-mains-jointes. Et comme j’aurais eu la flemme de me livrer à cet impressionnant travail de recoupement, je vous la livre en son nom.
« Après près de 10 ans de macronisme, le portrait de la France qui se dessine au fil des chiffres publiés ces dernières semaines est saisissant : 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en métropole ; le chômage atteint 8,3%, son plus haut niveau depuis près de 7 ans et la croissance est à l’arrêt, à 0%, faisant planer le risque d’une récession. Le déclassement apparaît aussi dans les comparaisons européennes : en pouvoir d’achat, le PIB par habitant français est au niveau de celui de Chypre - selon Eurostat -. La mortalité infantile nous éloigne des meilleurs standards européens : 2 709 enfants sont morts avant leur 1er anniversaire en 2024 et la France se situe 23e sur 27 dans l’UE. Le tissu productif se fragilise également. À fin juin 2026, 70 803 défaillances d’entreprises ont été recensées sur 12 mois, un record, en hausse de 5,1% sur 1 an. (NDLR – rien d’étonnant après les sommes dingues versées pour soutenir, parfois artificiellement, les entreprises durant le COVID). L’emploi industriel repart à la baisse : la France comptait 3,24 millions d’emplois salariés industriels au 2e trimestre 2026 contre 4,07 millions en 2000. Les services publics (NDLR - qui s’en étonnera, puisqu'ils sont pillés par l'Etat qui devraient en être le garant ?) vacillent. Le délai moyen d’intervention des pompiers est passé de 12 min 30 en 2014 à 15 min 09 en 2025, tandis que leur nombre rapporté à la population diminuait. Un rapport officiel sur les violences sexuelles faites aux mineurs évoque des dossiers perdus ou non transmis, des enquêtes insuffisantes et un sous-effectif : 1 275 procédures « fantômes » à Nîmes ; au Mans, 6 enquêteurs se partagent 4 000 dossiers ! Le nombre de mineurs laissés sans solution d’hébergement après un appel de leur famille au « 115 » a bondi de 42% cette année, selon l’Unicef. La situation du travail est alarmante. En 2024, dans le seul régime général, près de 550 000 accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente ont été reconnus et 764 décès recensés. Selon Eurostat, la France affichait, en 2023, le 3e taux standardisé d’accidents mortels du travail le plus élevé de l’UE, derrière Chypre et la Bulgarie. À cette fragilisation s’ajoute celle des finances publiques : la part de TVA affectée au budget de l’État est passée de 91,5% en 2018 à 45,9% en 2024, notamment pour compenser les exonérations de cotisations patronales. Les aides publiques aux entreprises sont passées d’environ 30 milliards d’€ dans les années 90 à près de 270 milliards aujourd’hui, distribués sans contrepartie, soit 27 fois le budget du ministère de la Justice ! Pour les ménages, la pression demeure. Les prix alimentaires ont bondi d’environ 20% en 5 ans et ne sont jamais revenus à leur niveau d’avant. L’inflation repart : +2,4% sur 1 an en août, les produits frais augmentent de 5,2 %. Le prix repère du gaz augmente encore de 5,6% ce 1er septembre, après +7,4% en juillet, et le prix moyen du gaz facturé aux ménages français a bondi de près de 84% en 4 ans. Le gazole est passé de 1,63 € par litre en juillet 2025 à près de 2,25€ cet été, soit +40% et près de 31€ supplémentaires pour un plein de 50 litres. Même vulnérabilité dans le numérique : ces dernières semaines, une succession de cyberattaques a touché des systèmes contenant notamment des données fiscales, cadastrales, successorales, bancaires ou liées à l’Éducation nationale. Enfin, la dégradation touche le débat public. Six milliardaires concentrent l’essentiel de l’audience des grands médias privés, tandis que seuls 29% des Français déclarent leur faire confiance, plaçant la France derrière la quasi-totalité des pays européens, au niveau de la Serbie et de la Bulgarie - un pays qui devient une sorte de référence pour la France ! -, selon le rapport de Reuters Institute. Pauvreté, chômage, croissance à l’arrêt, recul des services publics de l’éducation à la justice, urgence sociale, mortalité infantile, morts au travail, défaillances d’entreprises, recul de l’emploi industriel, perte de confiance, vulnérabilité numérique, alimentation et énergie plus chères, finances publiques sous tension : pris séparément, chacun de ces indicateurs peut être discuté. Mis bout à bout, ils dessinent un tableau particulièrement impressionnant - et sombre - du déclassement de la France… »
Ai-je besoin de préciser qu’un autre inventaire, du point de vue moral cette fois, des propos tenus et du comportement humain, du rôle répressif de la police durant ces neuf années écoulées, sera nécessaire, édifiant, passionnant autant que déconcertant ? Aussi déconcertant que ces candidats, évoqués au départ, qui n’éprouveront aucune vergogne à affirmer, droit dans les yeux, que nous n’y comprenons décidément rien et que lorsqu’ils seront élus, ils pourront enfin bien nous expliquer comment ça marche. Ils devraient, pour cela, pouvoir encore compter sur quelques millions de moutons à tondre jusqu’au bas de laine ! |
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