mardi 27 octobre 2026

 

Demain, dès l'aube...

Même si c’est de loin, forcément de très loin, Victor Hugo reste pour moi, bien mieux qu’une référence absolue, un guide. Plus intensément que jamais, comme une nécessité vitale, une injonction à espérer, peut-être même à vivre, c’est chez lui que j’irais puiser, jusqu’à l’épuisement, la force. Ah ! comme j’aimerais vous entraîner, vous perdre peut-être - sans vous noyer, Dieu garde ! - dans l'œuvre infinie de celui qu’il me semble si difficile de définir. Un géant de littérature, un colosse de sentiments, un titan d'humanité… Autant de mots qui paraîtraient fades dès lors qu’ils seraient couchés, assoupis, endormis, déjà vains, évanouis.

Ce ne sont pas les matraquages incitatifs de l’industrie du cinéma à aller voir la énième adaptation des Misérables qui me conduisent à évoquer Victor, même si j’ai des rêves de barricades à la pelle, des humeurs de Gavroche hors d’âge. Il est évidemment moins choquant de retrouver Vincent Lindon dans le rôle de Jean Valjean, que Gilles Lellouche (et pas qu’un peu !) dans celui de Jean Moulin ou la Gainsbourg en Gisèle Halimi ! Mais après de Gaulle et avant je ne sais quel personnage incontournable qui viendra couvrir un peu plus d’or MM Bolloré, Saadé, Seydoux, je n’en peux plus de ce cinoche qui caresse la bourgeoisie dans le sens du poil - quitte à le lui faire dresser lorsque quelques pavés jaillissent, rue de la Chanvrerie - et contribue à l’éloignement des masses de la culture populaire.

Non, Victor Hugo, c’est René Azémar qui me l’a inoculé à forte dose. Je le revois, ce vieux prof de français, blouse de coton grise tenue par une large ceinture nouée à la taille, marchant dans l’allée centrale, le livre posé comme une relique sur le socle ridé de ses paumes : " Pas de bête comme la mer pour dépecer une proie. L'eau est pleine de griffes. Le vent mord, le flot dévore ; la vague est une mâchoire. C'est à la fois de l'arrachement et de l'écrasement. L'océan a le même coup de patte que le lion." C’était Les travailleurs de la mer et le professeur ému déclamait cela comme s’il assistait, debout dans la tempête, au naufrage de l’équipage. Un autre fois, c’était la Légende des siècles : Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre, et qu’on eut fermé sur son front le souterrain, l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn ! Je ne voyais pas les larmes perlant à ses paupières, je les entendais ! Et cette vibration qui m’a fait aimer Hugo et mon professeur comme personne, je la convoquerai, non elle se présentera seule, lorsque, au crépuscule, l’heure sera venue d’aller, à mon tour, explorer le néant. 
Est-ce pour cela que, malgré une scolarité dérisoire, j'ai toujours aimé le corps enseignant (et même le corps d’une enseignante), est-ce aussi pour cela que ces lycéens de la Gen Z, me tiennent par le cœur et regonflent mes vieilles voiles élimées ?
Eux, c’est peut-être Baudelaire, Rimbaud, Prévert qui les inspire et les secoue ? Mais il y a du panache chez ces Gavroches. De l’esprit et du répondant. Au terme du mouvement qui, je l’espère, ne s'essoufflera pas avant que l’on ait renversé le capitalisme - voyez qu’il aura suffi de trois vers et d’un coup de Gen Z pour que revienne la motivation ! - on pourra remplir un livre des beaux slogans de manifs, posés sur du simple carton, parfois joliment illustrés. Parmi ces aphorismes, souvent originaux, issus de l’imagination créatives de nos gamins, il en est une qui me revient parce que le plus grand écrivain et poète de l’humanité, né le 7 ventôse de l’an X du calendrier républicain, aurait pu la signer : «Tant qu’autour du palais il y aura des masures, aucune paix ne sera possible !»

Victor, je m’en fais le joyeux messager, une nouvelle révolution s’avance ! A pas leste et résolu ; ce sont nos enfants qui la conduisent, ils sont beaux, certains sont blancs et riches, d’autres ont la couleur des peaux sur lesquelles se sont abattus tous les malheurs de la terre, la misère, la haine et sur lesquels on tire encore ! Leur sang à glissé sans jamais altérer le courage, la résistance, la force de vivre. Ce fut long et toi qui a connu trois révolutions dont tu payas le prix de l’exil et du deuil, peut-être aurais-tu imaginer que la dernière, décisive, viendrait plus tôt. Qu’il ne faudrait pas encore attendre un siècle et demi de quasi-léthargie et de soumission pour que l’on s’y remette. 

Cent cinquante ans que les noblesses et seigneuries d’antan, devenues en langage moderne, financiers, investisseurs, milliardaires, oligarques, écrasent et font trimer les malheureux, paupérisent les masses en appuyant leur domination sur une bourgeoisie déshumanisée, avide, mesquine, égoïste, raciste. Suffisamment riche, étonnamment vide. 
Nous sommes là, attendant Héraclès, face à l’hydre à deux têtes ; le capitalisme, le fascisme. Les deux complices nous mènent une guerre hideuse, haineuse. Rien n’a vraiment changé depuis Adolphe Thiers. Point de justice pour les gueux ! On harcèle le héraut de causes justes, on enferme le malheureux qui dérobe une bouteille de lait.  Et l'on célèbre, l'on promeut la crapule qui triche, vole par millions. Et la police, dont tu décriais la sauvagerie, ne s’est pas mieux civilisée ni n’a gagné en sagesse. L’affaire serait même rendue plus compliquée depuis que les chevaux de la Garde ont été remplacés par des centaures. Non, non, Victor ne t’égare pas, nous n’avons pas été rattrapés par la légende. Ces centaures n’ont pas de pattes et rien d’humain, ce sont des monstres de fer qui roulent sur les manifestants au nom de la force et de l'ordre. Deux mots que les gens de droite associent pour en faire un idéal d’existence quand ce n’est en vérité qu’un argument de brute et d’idiot.

Alors oui avec ces centaine de milliers, bientôt de millions d’enfants de France, de Serbie, du Brésil, d’Espagne, d'Inde, de Palestine et du monde, mis en danger par le capitalisme destructeur de rêve et de beauté, condamné à lutter contre la destruction d’une planète mise à sac par les ordures qui nous gouvernent encore, nous allons la reprendre la terre et la repeindre. En vert et contre tous ces vieux assassins vautrés dans l’ indécente richesse, volée à la nature et ses espèces infinies, tellement vulnérables qu’elles en furent détruites. Écoutez-le ce vent de révolte. Entendez-le bien. Même la nuit la plus sombre prendra fin et le soleil se lèvera (Victor Hugo).
L’aube approche !

Bilan de la répression d'octobre, terrible et provisoire

Le R-haine est partout... tant qu'on le laisse faire !

Dans la même semaine, un militant proche du Rassemblement National (on a retrouvé des tracts dans sa voiture) déchargea sa haine sur les habitants de Trappes. Tuant un homme, blessant huit personnes dont une fillette de huit ans. "Dehors les arabes et les noirs ! " Il récitait l'antienne préférée des plateaux télé, des gens de droite et du centre - extrêmes ou pas - dont il s'était repus. Des tueurs de Trappes, nous en connaissons tous en puissance. Ils promènent leur chien et nous disent bonjour. Demain, en bande organisée, à la seule vue d'un musulman, ils peuvent basculer et tuer. Hier, les fascistes envoyaient les juifs au four, aujourd'hui ce sont eux les ennemis de l'intérieur, responsables de nos malheurs  !

Le lendemain, tandis que des marées humaines venaient dire à Macron que le temps de la soumission était passé et que se levait, dans un élan superbe, une génération enfin déterminée, des milices d'extrême droite se déployaient, armées et masquées, en fin de cortège, pour agresser les manifestants. Ils venaient défendre les commerçants, prétendaient-ils, démontrant au passage qu'ils sont plus attachés aux symboles d'une bourgeoisie consumériste qu'à l'égalité. Qui l'eut cru ! Souvent confondus lorsqu'ils agissent de loin, les policiers jouèrent un rôle pour le moins passif face à cette barbarie, passif pour ne pas aller jusqu'à complice. Disons suspect ! 

Et pour en finir avec ce week-end décidément plein de charme et de poésie "hugolienne" nous reçûmes, d'Orléans, les relents de Vichy : "travail, famille, patrie". Les expulsions musclées de journalistes de Médiapart et de la jeunesse juive de France par le service d'ordre RN ! Tout un programme électoral auquel, les sondages manipulés par les milliardaires et les amis de Macron - le fameux rempart contre Le Pen - promettent un avenir à soixante-dix % ! 

Allez, réveillons-nous camarades. Le cauchemar prendra fin, puisque je l'écrivais plus haut, l'aube approche.... 

Surtout ne pas oublier d'en rire quand même !

Wally Dia : voilà c'est ça le talent ! Tout y est ! Merci Wally. Et j'espère que vous allez tous faire tourner cette minute et demie ! Et juste en suivant l'énorme Pierre-Emmanuel Barré qui nous régale de ses élégantes tirades tous les dimanches soirs (18 - 20 heures) dans la Dernière sur Nova. 

Voilà comment on fracasse une jeunesse !

Parce qu'on ne commence pas sa vie avec
une main arrachée,  j'ai signé la pétition
: 
petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/...

17 octobre 2026, le jour ou la France a basculé

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La France que Macron a bradé

En vendant la Francaise des jeux au privé, Macron à privé la France de -62 milliard par an.

https://bsky.app/profile/rosedeberne.bsky.social/post/3myrak7wcb22h

La France des honnêtes gens !

https://bsky.app/profile/l-echoruptible.bsky.social/post/3myma5vvdrk2b

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Rémi Fraisse : ni oubli, ni pardon !

Aujourd'hui je vous emmène avec l'ami HK dix ans en arrière, au temps où il rapait et slamait autant qu'il ne chantais véritablement. Et c'était déjà bon, enfin, très bon. C'est l'histoire d'un facho pas très fréquentable. Le RN s'appelait encore Front National.  

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dimanche 25 octobre 2026

 

mardi 20 octobre 2026