Parce que nous sommes pour l’accueil et l’intégration des immigrés, parce que nous considérons que chacun à droit à un toit, une table et au respect, ils nous ont d’abord traité d’islamo-gauchistes. Parce que nous refusions que l’eau soit puisée et stockée pour quelques riches exploitants et que quatre-vingt kilomètres d’autoroute ne défigurent l’environnement au bon plaisir des laboratoires Fabre, nous fûmes accusés d’écoterrorisme. Lorsque nous nous sommes indignés, parfois révoltés contre le génocide à Gaza et les crimes quotidiens d’Israël en Palestine, nous dévînment des antisémites. Lorsque les députés Insoumis refusèrent de porter la cravate et de s’allier à Lecornu pour voter un budget catastrophique pour la population, nous passâmes carrément à l’extrême-gauche. Lorsqu’un jeune appartenant au groupe de nervis néonazis venu en découdre dans les rues de Lyon, mourut des suites de la bagarre qu’il avait provoqué, nous devenions des assassins ! Et je vais passer sur l’infâme campagne de diffamation sur la personne de Mélenchon, orchestrée conjointement par les médias appartenant à l’oligarchie, ou sous influence de l’État…
Il faut bien admettre qu’ils s’en sont donné du mal pour anéantir, exterminer le seul mouvement politique qui refuse la fatalité de l’hégémonie capitaliste, laquelle a jeté les trois-quarts de la planète dans la misère et organise, pour masquer son cuisant échec, une « bonne guerre » qui, si « tout va bien », va résoudre la question de savoir si, finalement le chemin de l’universalisme, l’internationalisme, l’humanisme n’auraient pas été plus judicieux. Il s’en sont donné du mal, en trafiquant par exemple la totalité des sondages qui invisibilisaient la montée de LFI et pourtant ! S’il est un camp qui sort grandi de ces élections municipales, c’est bien celui-ci. Le propos n’est pas de compter les voix qui ont honoré Lille, Roubaix, Limoges, Saint-Denis et Toulouse, ni de compter les points en vue de la prochaine présidentielle. Tout se tient, nous sommes d’accord, mais c’est sur le versant sociologique qu’il faut se pencher. Vous le savez - ou si vous lisez mes chroniques sans vous en être aperçu, je ne peux plus rien pour vous - je ne suis pas de droite ! Du reste si tel n’est pas votre cas, je vous conseille de vous éloigner très vite de ce blog. Je suis contagieux ! Enfin… j’espère.
Le Tarnais d’origine, le Varois d’adoption, l’Aubracien pour finir, se sent donc accablé par les derniers résultats en date. Ici tous les gens sont cathos sans savoir pourquoi et libéraux par pur intérêt. A Graulhet la petite bourgeoisie mégissière semble avoir repris la main sur une terre qu’elle a dévastée. Quant au Var, il constitue le cas extrême, où les gens sont si radicalisés, égoïstes, racistes et laids que je ne m’y rends plus que par obligation et en me pinçant fortement le nez, ce qui m’impose de ne pas y rester trop longtemps sous peine de succomber par asphyxie. Dont je voulais tout de même leur délivrer ce message : vous me faites honte ! Ailleurs, à Paris, à Grenoble, on vote pour des délinquant.e.s, à Issy-les-Moulineaux, pour un vieillard en EHPAD qui trimballe quatre-vingt-quinze piges et autant en kilos de casseroles ! La démocratie vit ces dernières heures, si le trépas n’est déjà survenu sans que l’on m’en ait prévenu. Les taux d’abstention atteignent les couches stratosphériques pour cette élection où le choix d’un conseil municipal semblait naguère primordial et on compte des milliers de villes et villages où une seule liste se présentait. Dans les autres souvent, c’était l’extrême-droite contre la droite extrême...
Non je ne suis pas de droite, mais j’ai appris la droiture. Bien sûr cela me dérange qu’il y ait des gens qui réfutent l’idée que tous les êtres humains ont le droit de vivre dignement quelle que soit leur couleur de peau et leur religion - même si c’est mieux quand ils n’en ont pas !-. Et cela me révulse de savoir que de plus en plus de mes congénères sont plus sensibles à leur petit confort et à leurs lourds privilèges qu’au seul fait que des enfants n’ont plus accès à une goutte d’eau potable. Il me vient des envies de meurtre lorsque les plus odieux osent « de toute façon ce n’est pas nous qui pouvons changer quelque chose ! » tout en se vautrant dans l’indécence de leur confort.
Mais ce qui me désespère au-delà de tout, c’est de constater que parmi les gens se prétendant de gauche, beaucoup se sont ralliés aux salopards évoqués au départ, proférant un chapelet de calomnies, pratiquant la manipulation jusqu’à l’ignominie. L’idéologie n’est pas en cause, ils n’en ont pas. Leur seule obsession est d’éliminer la France Insoumise qui a redonné du sens et de l’ardeur à une gauche de combat. Leur gauche à eux, les chien-chiens socio-démocrates, consiste à accompagner docilement le capitalisme tout en prétendant lui mordiller les mollets. Les grandes écoles, de l’administration, de l’armée ou du commerce, formatent des élites repues et corrompues et si certains finissent à gauche (Jospin, Strauss-Kahn, Hollande, Fabius) c’est de n’avoir pas trouvé leur place à droite, déjà saturée par les fayots du système. Ce sont eux et leurs successeurs qui, en s’accaparant une étiquette - qu’ils confondent avec le papier toilette -, ont souillé les fondements de la gauche. N’allons pas jusqu’à prétendre qu’ils ont renié toutes leurs valeurs... ils n’en ont pas non plus.
La droiture, camarade, la droiture ! Et qui sait si au bout de la lutte finale, elle ne sera pas… le genre humain ? |
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