Il me faut, avant que la campagne ne s’achève - ce vendredi soir minuit - vous parler de la commune. Non sous l’angle électoral, mais sentimental. La Commune de Ferrat. " Il y a cent ans commun, commune, Comme un espoir mis en chantier, Ils se levèrent pour la Commune, En écoutant chanter Pottier. C'étaient des ferronniers aux enseignes fragiles, C'étaient des menuisiers aux cent coups de rabots, Pour défendre Paris Ils se firent mobiles, C'étaient des forgerons devenus des héros..." Pottier, Eugène de son prénom, c’est l’auteur de l’Internationale, celle du genre humain. Si vous saviez comme ils me manquent Jean et Eugène ! Mais enfin, j’irai voter. Pas devoir évidemment et plus que jamais en ces heures sombres et même si les dernières élections ont été bafouées et leur résultat nié par celui qui les avait ordonnées. J’irai aussi voter par respect pour ceux qui ont le courage de se présenter mais aussi par amitié pour celui qui les conduit. J’irai voter malgré l’absence de courage de ceux qui n’y sont pas allés ! Une liste de quinze noms dans un village de six cents habitants ce n’est pas acceptable et ce n’est plus du tout la démocratie. Vous me rétorquerez, de parfait bon droit, que si personne ne s’est présenté contre cette liste unique c’est que tout le monde est content ! Ce n’est pas ce que j’entends à longueur d’année… Démonstration s’il en fallait une, que les gens préfèrent râler, parfois même diffamer dans le dos, que de s’exposer.
Je n’ai, à cet égard, aucune leçon à donner. Non que je critique à tout va - il y aurait quand même matière ! - ou que je diffame, mais que je ne dispose nullement de cette fibre sacrificielle conduisant à se pencher sans cesse sur la volonté des uns contraire à celle des autres. Et comme me voici incapable de dire oui - alors que je sais que je ne le ferai pas -, ou peut-être - prenant ainsi les gens globalement pour des cons - ; comme je ne supporterais pas de me mêler des affaires de voisinages, les querelles de Conseil municipal et l’accomplissement de projets contraires à mes convictions, je suis bien à la maison !
Non, bravo aux maires, vraiment ! Bravo et admiration, surtout dans les villages où souvent ce n’est ni l’égo, ni le lucre qui les guide (entre 1000 et 2000 € bruts), mais le souci du bien public et l’intérêt qu’ils portent aux autres. Je ne persifle pas, cela existe encore. Mais cela se perd et il affolant de constater, non seulement que certains devront faire avec une seule liste, mais que soixante-huit communes n’en auront aucune ! Certes cela reste anecdotique, mais méfions-nous que ça ne devienne pas symptomatique. Le phénomène n’atteint pas les grandes villes où l’on se dispute ardemment et pour deux bonnes raisons : d’abord la place est bonne (jusqu’à 6 000 euros), ensuite on défend la couleur politique. Et à ce titre encore, il est beaucoup plus profitable à la commune que les avis soient partagés et que le bien public passe devant tout autre considération politique. Chez moi, ce n’est d’ailleurs pas vraiment le cas ; cela va du bleu très sombre au bleu ciel (mais jamais voilé) et il y a, je crois, une exception avec un rouge très soutenu, presque grenat.
Je dis que la couleur importe peu, c’est souvent ce que l’on prétend en jouant la carte consensuelle qui n’est pas, dans les relations citoyenne, toute à rejeter et loin s’en faut. Mais je pense toutefois et à l‘inverse, que la politique est partout et que si elle ne doit pas être forcément conditionnée par les étiquettes, il n’est pas non plus inutile qu’elle influe sur les choix sociétaux, puisqu’aussi bien une cité représente déjà une petite société. Le mouvement auquel je suis attaché, avec néanmoins toute l’indépendance que vous me connaissez, porte à juste titre son attention sur l’éducation. Un thème autrement essentiel que la sécurité ou le développement économique. L’école publique, faut-il le rappeler, est le pilier de la République. C’est lui qui conditionne dès le départ la conformité à ses règles - par lesquelles nous serions si beau et tellement heureux si elles étaient en cours - : Liberté, Egalité, Fraternité. Elle doit être unique (et Dieu sait si ce n’est pas le cas, notamment « chez moi » !) et gratuite. Y compris la cantine. Certains préconisent qu’elle le soit pour tous, ce serait, il me semble, plus judicieux que seules les familles monoparentales et à faibles revenus en jouissent. Gratuite et bio. Plutôt que d’acheter aux grossistes leurs cageots bourrés de pesticides et de bénéfices, pourquoi ne pas confier aux petits paysans du secteur le soin de produire épinards et carottes dans le champ d’à-côté. Dans mon idéal, ce pourraient-être les employés municipaux, par trop désoeuvrés, qui cultiveraient leur lopin de terre pour le bien commun. Bien manger, gratuitement pour les enfants défavorisés (en attendant qu’il y en ait moins, puis plus du tout) et du personnel qualifié pour suivre les enfants en bas âge (ATSEM) et ceux en situation de handicap (AESH). Et c’est aussi à la commune que devrait revenir la gestion des EHPAD, des crèches, de l’eau, tout ce qui relève du commun et que se sont accaparés des intérêts privés seulement animés par le profit.
Plusieurs obstacles se dressent face aux maires y compris les plus laïques et progressistes. Le premier, c’est l’austérité. La baisse systématique et exponentielle des dotations de l’État aux collectivités locales et particulièrement aux communes, qui s’ajoute à la suppression des taxes d’habitation et professionnelle qui alimentaient partiellement leurs caisses. Les maires qui se lamentent dans leurs hôtels de ville, mais lorsqu’ils se réunissent en congrès, applaudissent le président ou le Premier ministre. Debout ! Cette année le budget adopté par l’Assemblée nationale (députés socialistes compris !) prévoit la suppression de 5,3 milliards (oui, oui, vous lisez bien !) des dotations aux communes. Et l’on comprend dès lors, pourquoi les enfants mangent mal, mais aussi pourquoi les routes sont défoncées et les projets sans cesse repoussés. Et les candidats à la mairie du bled, de plus en plus rares ! Ajoutons et c’est le bouquet final que depuis l’instauration systématique des Communautés de communes, les plus petites d’entre-elles, dans leur totalité, ont perdu la plupart de leurs compétences, mais aussi de leurs prérogatives, étant donné qu’au moment de voter elles se trouvent disloquées, confrontées à des intérêts contradictoires. Là encore, prévaudra la raison du plus fort, en l’occurrence de la ville principale. Dans les campagnes, ils en ont surtout après les loups, ils feraient mieux de s'en prendre aux seigneurs. |
Allo Mélenchon ! Je sais bien que parmi vous il y a de tout. Des convaincus, des perplexes et des adversaires de Jean-Luc Mélenchon. Ce clivage n'est pas seulement idéologique. Il est le résultat d’un matraquage médiatique orchestré de longue date par les tenants de la ligne capitaliste qui redoute plus que tout les humanistes et collectivistes.
Islamo-gauchisme, antisémitisme, terrorisme même, toutes les conneries calomnieuses sont débités et parfois alimentées, y compris de l'extérieur, comme tout dernièrement par l’Emirats Arabes, Israël et les Etats-Unis. Mélenchon est aussi présenté, avec un acharnement qui devrait interroger les gens, comme un monstre froid qui hurle et invective, alors que c’est à peu près le contraire, un intellectuel de haut vol et d’une grande sensibilité. Une amie m’a dit l’autre jour : « C’est vrai qu’il parle fort ! » En gros, Nathalie, c’est le principe d’un orateur ! Je m’adresse à elle et à ceux qui ne savent finalement plus quoi penser face à cette diabolisation. Regardez cette émission où, accompagné d’Aurélie Trouvé, Antoine Léaumont et Paul Vannier, sont abordés tous les grands sujets du moment, à bâton rompu et en toute décontraction. Cela devrait en convaincre quelques-uns !
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