La France de Rousseau et de Voltaire, celle de Césaire et de Robespierre, d’Hugo et de Gaulle - si vous n’êtes fans ni de philo, ni de lettres, ni d’Histoire, ne vous fiez pas à la chronologie - va-t-elle continuer à sombrer dans un racisme irrationnel et mortifère ? Je commence à avoir du vécu, des heures de survol d’un pays sociologiquement déséquilibré, frappé par la bêtise crasse de sa petite bourgeoisie, de son prolétariat aussi qui en tient une sacrée couche. Je le savais malade, mais pas gangréné au point, j’en ai la terrible intuition, que si on ne lui coupe pas le membre pourri, il finira par y passer tout entier. Ce n’est plus une crainte, c’est une véritable panique qui m’assaille. Je la partage - je l’ai déjà plusieurs fois exprimé - à la fois pour m’en soulager un peu mais surtout pour tenter d’emmener avec moi dans la Résistance ceux qui sont aptes à s’indigner et surtout à partager cette angoisse existentielle. Retenez bien, mes amis lecteurs, ce que haranguait Angela Davis : «Dans une société raciste, il ne suffit pas d'être non-raciste, nous devons être antiracistes. » Yaël Braun-Pivet et ses semblables auraient dû entendre cela avant de faire observer un minute de silence à l’ensemble de la représentation nationale en hommage à un néo-nazi, tandis qu’ils proposaient et exposaient au lynchage, un député anti-fasciste. Si je le pouvais je m’adresserais à ces pauvres, mais vraiment pauvres d’esprits, qui vomissent les noirs et les arabes dans mon café du matin au bar du village, exècrent les PD, les travelos et les wokes, ceux qui assistent aux grands banquets du Canon organisés par la redoutable milice de Stérin et mangent du cochon rien que pour faire ch... les bougnoules et tournent leur serviettes tachées de pinard en éructant du Sardou. Je leur dirais, je leur dirais… ben non, car il n’y a plus rien à leur dire.
Sont-ils responsables ? Oui ! Parce que chacun doit rester maître de ses paroles, de ses actes, mais aussi de ses idées. Et la taille du cerveau n’intervient pas en l’espèce, car on ne leur demande pas d’inventer la poudre - c’est malheureusement déjà fait ! On chie avec son cul, difficile de l’éviter, mais avec sa tête, on réfléchit ! Leur circonstance atténuante n’est pas, je le concède, négligeable. Car si nous avons atteint cet abandon moral conduisant à ce climat de détestation, ce sont les pouvoirs économiques et politiques qui en portent la plus grosse part. Le capitalisme est en bout de course, il engendre trop de misère, d’injustice et son fonctionnement consanguin le rend informe, impropre à cette consommation qu’il prône et impose au monde depuis trop longtemps. Trump, Miléi, Netanyahou pour ne citer que les trois plus grotesques, sont les produits dégénérés d’un système et d’un occident dépravé. Ce qui se passe en France, ce conditionnement qui pousse littéralement les plus déficients intellectuels au désespoir, puis à la haine, est donc totalement orchestré par les milliardaires qui tiennent les médias et les héritiers cupides d’un vieux monde libéral pantelant mais qui garantit leur pouvoir et leur raison d’être… si laids !
Oui les médias et les gouvernants ont entrepris d’anéantir toute forme d’opposition en usant des moyens les plus sordides, tels qu’ils se pratiquaient dans les pires dictatures et s’observe encore en Israël et dans la Russie de Poutine. Rima Hassan constitue le baromètre parfait et désespérant du degré de racisme en France et l'avènement d'une milice politique. Ce que l’État commet, par sa police et son parquet interposés, ne relève pas seulement du zèle et du harcèlement. Il y a un autre mot pour cela, c’est de la persécution. Cette torture morale est étudiée sur mesure pour l’atteindre et l’abattre. La discréditant au passage. Un seul mot d’ordre dans les palais et ministères : qu’elle disparaisse ! Cette pauvre femme en est, je crois, à sa treizième convocation devant la police, parfois agrémentée comme durant la dernière, jeudi, d’une garde à vue et d’une mise en cellule. Mais cette fois, ce fut un peu plus raffiné. Car, alors qu’elle était gratifiée d’une fouille (dès fois qu’elle serait venue avec une ceinture d’explosifs !) on lui trouva deux doses de CBD. Composant parfaitement légal dont deux des fonctions consistent à calmer les maux de dos et à réguler l’anxiété. Je serais dans sa situation, j’avalerais les tablettes entières ! Aussitôt la nouvelle se répandit sur toutes les chaînes d’info comme une traînée... de poudre (oui je sais elle était cousue de fil blanc !) : Rima Hassan n’est pas seulement une terroriste, elle est aussi droguée ! Avant tout autre considération, demandez-vous ce qu’est devenu le secret de l’instruction, la présomption d’innocence ? Bien entendu il n’y avait pas de drogue et les tests qu’elle dut subir l’ont démontré. Il semblerait qu’ils aient décelé des traces de substances interdites dans l’un des tubes, mais d’où peuvent-elles bien sortir ? Comme on se demande d’où sortent les informations servies en direct sur les plateaux des chiennes Cnews, BFM et leurs consœurs qui ne valent guère mieux ! Pas une n’a pris le moindre recul afin d'analyser l’origine et les intentions de ces fuites alors que la prévenue était encore entendue, ni même pour comprendre qu’une juriste n’aurait jamais commis la bêtise de répondre à une convocation de police, en possession de produits illicites qui lui aurait valu un emprisonnement immédiat et une curée définitive. Je ne prétends pas que lorsque j’étais journaliste, nous étions tous des aigles de l’Altiplano, mais quand même, quand même ! que sont-ils donc devenus ! Devenus d’autre que des petits chiens bien dodus, jouant avec leur nonos. Des caniches de Bolloré, Niel et Saadé, des petites mains du pouvoir oligarchique et politique.
Voici donc à quelle infamie se livrent la police, les procureurs et ceux qui les missionnent, dépourvus de toute prudence, de toute nuance, mais aussi de toute humanité. Quant à la nature du message incriminé que la passionnaria de la cause palestinienne avait imprudemment relayé sur un réseau de merde (et là on peut s’interroger sur la pertinence, pour des gens normaux, d’encore communiquer sur X !), il ne fut de toute évidence pas sa meilleure inspiration. Se sachant surveillée, non, se sachant traquée, elle aurait dû s’abstenir de re-publier ce texte : "J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir." Mais d’abord, en quoi ce message est problématique, me direz vous ? Si mon grand-père avait écrit le même en 1944 pour la France, j’en aurais été honoré. Et d’ailleurs je peux écrire exactement le même s’agissant de la situation alarmante dans mon pays. Non, ce qui cloche c’est l’auteur : Kōzō Okamoto. Vous connaissiez pas ? Moi non plus ! Il s’agit d’un membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans l’attentat de l’aéroport de Lod (Israël), qui avait fait 26 morts en 1972. Un terroriste, un vrai, incontestable. Donc, Rima a commis une faute. Ceci posé, je ne sais pas vous, mais devant pareille monstruosité que ce drame palestinien depuis 1948, j’en aurais commis sans doute, bien davantage ! Ce qui apparaît d’elle aujourd’hui, c’est l’image d’une juriste internationale, députée européenne, belle et fière, mais il faudrait être totalement hermétique au bon sens et à la dignité humaine, pour ne pas ressentir aussi le poids de l’histoire qui l’accable et la martyrise en permanence. Elle est née en 1992 dans un camp de réfugiés en Syrie, ses grands-parents ayant été chassés de leur terre (Nakba) à la création de l’État d’Israël en Palestine. Les conditions de son enfance sont donc assez terribles et cela va durer, puisqu’à l’âge de dix ans, elle se retrouve à Niort ! (ça c’est une mauvaise blague pour détendre l’atmosphère, il faut avoir la « réf » comme ils disent maintenant). Mais tout le monde aura bien compris que ce qui se passe en Palestine depuis bientôt soixante-dix ans et pire encore depuis l’avènement du régime fasciste de Nétanyahou, ne peut que susciter le dégoût, la colère d’une gamine persécutée dans sa chair et son âme. Cela n’excuse pas les 26 morts de l’attentat perpétré par le terroriste japonnais, pas plus que les 600 civils tués par le Hamas - en plus des 600 militaires israéliens -, mais rappelons que ce sont à Gaza, des centaines de milliers de victimes de la barbarie et de la haine sioniste qui sont tombés, femmes, enfants, humanitaires, soignants... et continuent de tomber.
Rima Hassan, pas plus que les mouvements et personnalités politiques, les organisations juives qui soutiennent la Palestine, ne veulent la mort d’Israéliens ni de quiconque, ils veulent seulement en finir de ce cauchemar ! Ce procès médiatique, cet acharnement politique sur cette femme sont insupportables à tout être normalement, philosophiquement, psychiquement constitué. D’autant que comme aux États-Unis avec l’ICE, s’ajoute depuis quelques semaines une « chasse au nègre » hallucinante dans les mairies conquises par les Insoumis. Des flots d’injures abominables proférés à longueur d’antenne par Zemmour et autres éditocrates dégoulinant de mépris et de cruauté. Il n’y a pas si longtemps, Louis Sarkozy clamait « Qu’ils crèvent tous ! » en évoquant les Palestiniens, avant d’indiquer qu’il « faudrait mettre le feu à l’ambassade d’Algérie ! »... Tout dernièrement le très droitier sénateur-maire du Blanc-Mesnil menaçait la journaliste Nassira El Moaddem « Je vais la fouetter. J'irai au bout, elle va mourir, je la tue... ». A quel moment la police, le parquet se sont saisis de ces propos, ces menaces directes et outrancières ? Leurs auteurs ont-ils été convoqués et mis en garde à vue ? Est-ce que les chaînes d’infâmes en ont fait des heures d’antenne ? Est-ce que le chef de leur parti, dit Les Républicains, a condamné l’un de ces propos, a suspendu ses auteurs et présenté des excuses ? Non ce chouan de bas-étage qui glorifie au Puy-du-fou ceux qui ont combattu la République, fait le mariole, le guignol même, en prétendant mettre les mairies insoumises « sous surveillance »… ASSEZ, ASSEZ, ASSEZ ! |
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