Je viens d’entendre notre divin Serge Reggiani interprétant ce poème de Beaudelaire. Enivrez-vous, c’est si beau, cela nous rattache si fragilement à la vie, l’amour, la passion et tout ce qui passe, qui lasse et s’efface. Et cela m’a inspiré ce qui suit.
Ce matin est pareil au Grand Soir. L’horizon est sublime. Clair, lumineux, complice et rassurant. Devant lui, la nature ouvre à l’infini ces champs de possibles, fredonne ces chants d’espérances. Se découvre tout en contours précis et bariolés au pré, en formes floutées et pastellisées au loin, sur mille perspectives, porte ouverte à l’évasion. Il faut la prendre sans la refermer. D’autres peuvent venir, la franchir, s’affranchir. Lorsqu’on s’est couché, il faisait nuit. Sombre la pénombre, noire, glacante, seulement fendue d’un croissant de lune qu’une fusée épie, pour cet Homme qui n’a toujours rien compris. Et les flashs aveuglants, les traces incandescentes des missiles expédiés de l’enfer par les messies de l’apocalypse. Déception derrière la ligne déraison.
Lorsqu’on se couche, il fait toujours sombre. La nuit guette, l’ombre inquiète. Les pensées en sommeil, les sens déconnectés, la vigilance altérée. Elle peut être longue, définitive. Là-bas derrière cette ligne onirique où baguenaude l’imagination, l’horizon marque ses limites. Vite. Ne laissons pas s’accaparer de nos vies, ce vide nocturne, taciturne. L’émollient confort d’un sommeil lourd. Sonne l’éveil, revienne le jour. Et la lumière ! Oui c’est ça, sortons de la nuit elle n’a que trop durée. Libérons les colombes intérieures que nous ignorons et qui pourtant nous animent. Suivons-les. Elles, connaissent le chemin.
Habillons-nous et marchons. Droit. Ne courons pas, ne fuyons pas. Les oiseaux nous attendrons. Et la clarté va se prolonger. Sinon, on demandera à la lune d’ouvrir ses quartiers. Sortons de la nuit, elle n’a que trop durée. Ne fuyons pas. Ni nos responsabilités, ni le courage. Arrachons-le au contraire aux léthargies routinières, aux peurs irrationnelles, instillés à dessein par les opulents, les importants qui veillent sur notre sommeil et mesure la jauge de nos besoins tout en maîtrisant les mécontentements. Ou bien alors, fuyons ! Ceux qui feignent l’ignorance pour mieux cultiver l’indifférence. Regroupons nos forces, unissons nos coeurs, maîtrisons nos rancoeurs et, le moment venu, assaillons les pingres, les cupides, les égoïstes vautrés dans leur nombril, jaloux de leur privilèges, de leur suprématies minables sur une marée humaine, créole, diverse, qui mérite tellement mieux, qui vaut beaucoup mieux aussi ! Politisons-nous. suivons la voie de nos conscience et de ce qui bat fort en nous, de justice, d'égalité, de fraternité. Exigeons-là parce que nous la méritons et que les tyrannies consuméristes, écocidaires, colonialistes et guerrières n'ont que trop usé de nos indolentes soumissions.
Elle n’est pas sale la Révolution, elle est saine. Belle, rebelle et joyeuse. D'harmonie de mots, de notes et de rires d’enfants. Fasse qu’elle ne s’écrive d’aucune note de sang. Prenons-y garde ! Partout dans le monde, à la raison d’État et l’argent des puissants, on sacrifie toujours les enfants ! Soyons ardents, généreux et protecteurs. Résistants et inflexibles. Alors, nous serons invincibles ! |
Vous suivez ? Alors écrivez !
Ça y est ! Je relance mon courrier des copains ! Je ne sais pas si j’aurais beaucoup de succès, mais « j’y tente » comme disent les Lyonnais. Histoire de me sentir moins seul. C’est pas drôle à dire, mais parmi ceux qui interagissaient le plus, quatre, au moins, sont morts. J’espère ne pas porter la poisse aux autres… Alors que vous soyez des copains que je connais bien, des copains de loin ou de demain, vous pouvez écrire. Contester, râler, approuver. Tout, en somme, sauf des insultes. Pour ça je vous conseille le réseau X – ils font ça très bien – ! L’anonymat est aussi garanti sauf si vous spécifiez votre souhait d’apparaître en toutes lettres. Allez ! on se sort le stylo du courage et on trace notre chemin de plume... En voici deux pour se mettre en condition.
« Depuis que je vous suis sur votre blog (c’est un ami qui vous connaissez qui me l’a transmis, je me régale d’autant que je partage la plupart des choses que vous exprimez si bien. J’apprécie aussi vos nombreuses références à Jean Ferrat. C’est d’ailleurs le nom qui a été donné il y a quelques années au collège de ma petite ville. Cordiales salutations."
Laurent B.
« Contente de retrouver tes chroniques parfois grises, toujours poivre et sel, mais dont j’apprécie l’humour souvent décalé et secret, d’accord sur le fond et adepte de la forme. Tu te plains de manquer de soutien, comme je te comprends. Les solidarités se perdent ! C’est surtout pour ça que je tenais à t’adresser le mien."
Annie J. |
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