On peut - encore - penser ce qu’on veut de Macron et de cet immense merdier regroupé sous le vocable de macronie, y compris que ni l’un ni l’autre ne laisseront de traces impérissables en termes d’élégance et de finesse. Un certain manque de classe… sociale. Ce président et ses affidés se faisant élire sur une vaste escroquerie - nous ne sommes plus très loin des quatre-vingt-dix pour cent à le redire ou à le découvrir - et tout particulièrement sur cette idée de disruption devant conduire à la concorde, c’est-à-dire à l’unité nationale. Même s’il est déjà quasiment fait, tant il est considérablement catastrophique, l’heure n’est pas au bilan dans sa globalité. Mais ce qui saute aux yeux avec la flagrance et la fulgurance d’un projectile de LBD, c’est son acharnement hargneux sur les masses populaires. Il y a eu, je viens de m’y référer, la répression sauvage des Gilets jaunes, puis des manifestants pour la retraite et des écologistes à Sainte-Soline. Le mépris sémantique des « gens qui ne sont rien », de ceux qui n’ont « qu’à traverser la rue », des « Mamadou » qui encombrent les hôpitaux et encore des « kwassa-kwassas » comoriens venant s’ajouter à cette somme d’infamies, ne suffisaient donc pas ? Après avoir outrageusement ouvert la voie à l’extrême-droite s’en faisant un allié de basses manœuvres, il lui fallait encore enfoncer le clou, en guise de soumission totale à ce pouvoir financier qui l’a promu et dont il restera redevable jusqu’à l’au-delà et pratiquer le geste symbolique blasphématoire suprême, en s’attaquant au seul jour férié de la classe ouvrière !
Fête des travailleurs et non du travail, je ne ferai pas l’injure aux plus nombreux de le rappeler et prierai les autres de bien effectuer la distinction. Elle ne relève nullement du détail. Le Premier mai fut choisi par l’Internationale ouvrière à la fin du XIXe siècle pour lutter, par la grève et la manifestation de masse, contre l’exploitation des salariés, dont les conditions relevaient tout autant de l’esclavage. Lorsque la réduction du temps de travail et la journée de huit heures furent conquis, le mouvement perdura et servit, jusqu’alors, de boussole au mouvement ouvrier et de catalyseur puisque ce jour est férié, chômé et payé un peu partout dans le monde. C’est le 24 mai 1941, comme s’il n’avait rien de mieux à faire, que Philippe Pétain et son régime collaborationniste, transforma le 1e mai en fête du travail, symbolisant ainsi le terrible Travail, Famille, Patrie qui venait effacer la devise révolutionnaire de 1848 : Liberté, Égalité, Fraternité. A la Libération, le Premier mai redevint, dans l’esprit au moins, la fête des travailleurs et fut inscrite au code du travail. Celui la même que le dernier cercle extrémiste de ma macronie, voulait liquider. Après guerre donc, les cortèges ne cessèrent de défiler et de gonfler en fonction de l’air du temps et du climat social avec une tendance décroissante due à la baisse de syndicalisation, stigmate lourd de la perte de sens du collectif, de l'affligeante montée des égoïsmes, mais aussi aux divisions des centrales, notamment entre la CGT (de gauche), la CFDT (du centre) mais aussi FO (d’elle ne sait où).
Dès le premier mai 2018 suivant son élection, Macron envoya l’un de ces signaux qui ne trompent guère sur les intentions finales, mais qui résonne fort aujourd’hui à l’aune du reste de son oeuvre violemment anti-sociale. Son « chargé de mission » à l’Elysée, sorte de barbouze à lui tout seul, Alexandre Benalla, vint prêter main forte aux policiers sur la Contrescarpe à Paris, pour tabasser - y compris au sol - des manifestant.e.s. ( Ici les images stupéfiantes https://www.youtube.com/watch?v=V8hKq_L7NPQ). Ce personnage sulfureux, évoluant dans l’entourage du couple présidentiel, écopera de trois ans de prison (dont deux avec sursis), mais poursuivra tranquillement ses activités, rarement en eaux claires.
Inutile d’ajouter que dans le XVIe arrondissement, les frasques de ce voyou encravaté n’ont provoqué aucun dégoût, contrairement aux effluves de sueur et de merguez qui émanent des cortèges du labeur. La « haute » les conchie, tandis que la moyenne - très moyenne - bourgeoisie servile, réclame à cor et à cri son croissant chaud du premier mai. Les avez-vous vu, aussi, les reportages indécents de ces journalistes de caniveau, interrogeant les braves gens qui n’aiment pas que, on suive une autre route qu’eux ! Que partout dans le monde, on honore les travailleurs, ceux grâce à qui l’on se tue moins à la tâche, pour un peu plus qu’un coup de fouet et qu’une poignée de figues, il s’en fiche le français de souche et de bonne famille. Il veut bien lui, rester à la maison ce jour-là, mais ne comprend pas que tous les boulangers, les épiciers et tout ce dont il a envie, en fait, ne soit pas à sa disposition. Ne serait-ce même qu’une seule fois dans l’année. Veut aller faire ses courses et son loto. Consommer, puisque de tout façon et depuis qu’il est tout petit, c’est à peu près tout ce qu’on lui a appris. Et ça, tu peux y aller, il l’a bien retenu ! D'ailleurs ce n'est pas le Premier mai qui l'empêchera jamais de commander, sur Amazon, de nouvelles chinoiseries...
Alors, qu’un petit artisan ait besoin d’achever un ouvrage sur le champ, qu’un paysan finisse une semence avant la pluie et même qu’un boulanger solitaire face son pain – à condition de n’obliger personne à le rejoindre pour faire son beurre - cela passe et surtout cela n’a rien de nouveau. Mais l’intention n’est pas là. Avec cette loi initiée par Gabriel Attal et les petits marquis de Renaissance, auquel le gouvernement vient de renoncer sous la pression politique et syndicale, tout était dans le symbole. Ils voulaient en finir avec ses traditions jugées archaïques, qui renvoient aux grands progrès sociaux issus de soulèvements populaires. Vade retro...
Le capitalisme est exsangue, je ne cesse de l’écrire et c’est en cela qu’il devient oppressant, virulent et sans doute très vite violent. Son idéologie jusqu’au-boutiste consiste à produire toujours plus à moindre coût, consommer et reproduire à satiété. Les guerres, les désastres environnementaux, les maladie, la fatigue, la dépression, le droit au repos et même à la paresse (expression qui remonte au temps où les manants connaissaient des journées, des semaines, des mois et des années d’infini servage) importent peu dans un système où tous les coûts sont calculés et tous les coups sont permis.
Alors si la remise en cause par l’Assemblée nationale de la loi portant sur le jour férié et payé s’apparentait a priori à de la provocation, ce n’était peut-être pas simplement le fait du hasard. Malgré ce repli stratégique, on ne m’enlèvera pas de l’idée que - et votre droit le plus strict est de penser que c’est ridicule - pour toutes les raisons certes évoquées - mais qui peuvent aussi bien s’apparenter à de la psychiatrie -, ce président qui a rompu avec toutes les valeurs républicaine de solidarité et de concorde sociale cherche, en réalité, la bagarre ! Et je laisse, ci-dessous, notre camarade GiedRé vous le chanter. Le tout pour rire... évidemment ! |
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