J’avoue que ces élections, ça rend fou ! Saint-Emmanuel-les-mains-jointes qui est le premier d’entre-nous, rend fou ! Mais enfin, il faut que je vous rassure bien vite, il ne faut pas se méprendre et confondre les Marine. La « mienne » aurait plutôt les yeux verts. Le coeur aussi. Et la veste… qu’elle ne retournera, je l’espère, jamais. Le hasard est si grand et le monde décidément si petit, que la Marine dont j’ai tendance à faire mon égérie du moment et celle qui me fait fuir, frémir, vomir depuis trop longtemps ont ferraillé sur le même territoire d’Hénin-Beaumont, un bon moment aussi. La première y est née et y bataille toujours contre les moulins d’extrême droite, la seconde a ravagé le territoire en transformant cette terre de labeur, de valeur et de douleur en laboratoire de l’imposture nationaliste. Elle vient d’y être réélue députée au premier tour, de manière écrasante.
Marine Tondelier ne manque pas de courage. Quelle admirable ténacité que de poursuivre le combat des idées sur un champ ainsi dévasté, une populations aux idées abîmées ! Tous les mois dans ce véritable facholand, elle siège dans les rangs clairsemés du Conseil municipal de sa ville natale. Son slogan c’est : on ne baisse pas les yeux, on ne baisse pas la tête, on ne baisse pas les bras ! On la croit, elle sait de quoi elle parle. Depuis qu’elle a repris la parole après le coup tordu du 9 juin, sa voix est claire, nette et précise. Je la préfère à celle qui, de manière incompréhensible à mes yeux, avait choisi en prenant les rênes des Écologistes après les Législatives 2022 et les beaux résultats de la NUPES, de rompre le pacte de gauche et de faire repartir son équipe seule aux Européennes, refusant notamment l’offre d’alliance de la France Insoumise dont elle est la plus proche. C’est d’ailleurs la première raison qui m‘avait résolu à ne pas adhérer à leur nouvelle structure militante, la seconde étant que je me sens bien en dehors des clans et des consignes.
Mais à part cela, c’est tout de même la famille, la sensibilité dont je me suis le plus rapproché ces dix dernières années. Dans le sens où je considère que l’écologie englobe toute la problématique de l’époque, y compris le social, l’égalité, la fraternité, le féminisme et que l’on ne peut pas être totalement vert, si l’on n’est pas parallèlement rouge. Le contraire est malheureusement moins vrai. On le mesure notamment avec nos amis communistes qui sont à la fois favorables au productivisme, au nucléaire et à certaines pratiques d’un autre temps, je ne pense pas spécialement au barbecue, mais à la chasse, à la corrida et toute une litanie d’inepties hors du temps.
Alors certes je n’irai pas déjeuner chez Marine avec Sandrine notamment, parce que les repas végan, c'est pas vraiment mon truc. Que voulez-vous, je suis né à la campagne et les animaux, les vaches, les cochons, les couvées, j’en ai besoin. Besoin de vivre avec, de les admirer, des les aimer, de les bouffer. J’assume volontiers ce grand écart et je les rejoindrais volontiers à l’heure du café avant de partir manifester contre le Rassemblement national bien sûr, mais tout autant contre les méga-bassines, les nouvelles autoroutes et tout ce qui précipite notre terre dans l’apocalypse. Comme les Écologistes, je crois que l’on ne peut plus vivre comme il y a cinquante ans. Que nous nous sommes égarés dans une société de consommation absurde, une course à la croissance mortifère, un égoïsme épouvantable où quelques-uns possèdent, exploitent et empoisonnent tout au détriment de presque tous les autres sur la planète. Qu'il est grand temps de redonner tous ses droits à la nature et de vivre en totale harmonie avec elle. Stop aux comportements écocides : constructions ineptes, achats frénétiques, publicités débilitantes, voyages stupides, intelligence artificielle, industrie ravageuse, compétition malsaine, business impitoyable. Sur tous ces critères qui nous ont éloigné des valeurs de l'humanité, nos générations se sont laissées aller. Circonvenir, corrompre et subordonner. Imposer aussi par un pouvoir ultra-ibéral n'hésitant pas à imposer sa loi par les violences policières.
Alors j’en reviens à mon idée première d’envoyer Marine Tondelier à Matignon. A condition évidemment que nous évitions la "bête immonde" grâce aux efforts majeurs de la gauche, mais il faut le reconnaître tout de même, du camp présidentiel. Lequel propose de composer un gouvernement d’union démocratique et républicaine. Idée réfutée par mes amis Insoumis dont je comprends aisément l’hostilité à une cohabitation avec ceux qui leur crache dessus depuis des mois. Y compris chez Delaga et Guedj. Mais enfin, en la circonstance, vaut-il mieux essayer de tirer au maximum la couverture à gauche, ou bien alors se bagarrer au parlement en changeant de Premier ministre à chaque motion de censure ? Nous, ce qu’on veut c’est une Sixième République moderne, par une Quatrième moisie !
Donc si Macron me lit - pourquoi vous riez ? - je lui suggère de suivre cette idée qui fera le plus grand bien à ma tête, certes, mais surtout à la planète. Quant à Bardella qui a refusé, avec cette courtoisie que l’on devine en lui au premier regard, de débattre avec la chef de file des écologistes sur BFM, une fois n’est pas coutume, je l’approuve. Tu as raison Jordan ! Elle t’aurait mis une sacrée branlée cette Marine-là ! Place de la République, la belle France se dresse
https://youtu.be/RMY5LFuR1Xw "Siamo tutti antifascisti !"https://youtu.be/diS0I2ND2XM |
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