jeudi 23 avril 2020


En voilà deux voisins pas trop chiants. On lorgne bien un peu sur la "blonde"
mais le "grand noir" la surveille de près



22.- BEAU COMME LA NEIGE A NADAU - Aujourd'hui, ça m'a pris. Je veux faire relâche avec le coronavirus. Vous m'objecterez que je suis là pour ça et que je n'ai pas à me défiler. Que les "médicaux", ils y sont, eux, au turf et qu'ils font pas leurs coquets en disant "non pas aujourd'hui. Je le sens pas..."
Alors d'abord cette humeur n'est pas irrémédiablement conditionnée au virus et il ne m'étonnerait pas qu'elle survive au déconfinement. Tenez, y a peut-être que la Covid-19 qui me tordrait les bronches jusqu'au dernier souffle ou l'absence de lecteurs qui pourrait avoir raison de cet exercice. En fait, j'apprends à écrire et des copains m'envoient parfois une note : "t'es en progrès" ou "tu te gâtes mon vieux". Et puis ça risque pas d'arriver. Je parle pas du virus. Mais question amateurs du blog, vous êtes toujours plus nombreux ( comme ils écrivaient avant dans les journaux, comme ils disent encore à la radio et la télé). Oh pas des millions ! Mais quand on part de si bas, le grand avantage c'est que même si on monte un peu, quand on retombe, ça fait pas trop mal.
Et puis, faut pas croire, si j'avais voulu chroniquer aujourd'hui sur le petit malin qui cloître la planète et paralyse le possédant, j'aurais trouvé. Et sans avoir à gratter encore !
Mais j'avais envie de vous parler de mon bonheur. Je sais le bonheur de l'autre c'est jamais très agréable. Ça fait suer, le bonheur de l'autre. Et pourquoi qu'on l'aurait pas nous aussi le bonheur ? qu'ils disent. Y a du vrai mais justement, si je vous en parle,  c'est pour vous le faire partager. Et pour pas cher en plus. Un échange à perte pour moi, en quelque sorte, tant Nadau vaut de l'or.


Mais pas de cet or qui se cote en once, en Napoléon et lingot au palais Brongniart. Non, de cet or qui ruisselle des pics Pyrénéens en scintillant, qui emplie les lacs d'altitude de plénitude ; de cet or qui coule dans les veines et comble le cœur des braves gens. Chez moi, Nadau a comblé un vide. Alors vous le connaissez ce type ? Enfin ce groupe ? Parce que, certes, il y en a un, Jan,  au milieu de la scène, solide comme un chêne, beau comme un cèpe noir avec son béret à la place des cheveux, mais il y autour une troupe, une bande, un clan, une fraternité de musiciens et chœurs qui soignent chaque note, dorlotent le moindre accord. 
Je les connaissais pas moi, Los de Nadau. Je voyez bien que j'en sortais pas de Brassens, Brel, Barbara et Reggiani, Mais j'y arrivais pas. On me disait essaie et on me citait même des noms : Bénabar, Grand Corps Malade, Christine on the queen, Noir Désir... mais non, vraiment même en simulant... Mes enfants m'ont dirigé vers Gauvin Sers. Ils se sont mariés avec. Et il est pas mal, en plus, le petit Creusois. Il m'a surtout incité à redécouvrir Alain Leprest...
Il m'en aura fallu du temps pour le trouver, Nadau. Et voyez, deux ans après c'est un peu comme si je l'avais toujours connu et qu'on ne s'était jamais quittés. Je sais bien que parmi vous, des gens l'adorent, mais ce que j'espère c'est le faire découvrir. Même à 10, même à 5, même à un seul, cela m'irait quand même, parce que j'aurais fait un heureux. Et dans la vie à part de gagner des milliards, qu'est-ce qu'il y a de plus beau que de faire un heureux ? 
Alors je sais, Nadau, il chante en occitan. Ça rebute ça, l'occitan ! Même qu'à Paris ça énerve, parce qu'allons, les enfants de la patrie, il n'y a qu'une langue,... c'est l'anglais. A part le franglais élyséen of course ! Rassurez-vous, allez-y voir quand même, parce qu'avant de la chanter en béarnais (ce qui n'est pas la meilleure idée pour un Tarnais ou un Lozérien, soit dit en pensant), il la raconte en "bon français". En beau français. Quand c'est beau, c'est simple, réfléchi, profond, précis. Intelligent. Ce ne sont pas des mots savants, mais pour savoir. Ressentir. Et s'émouvoir. 
Jamais, surtout après Brassens, Brel, Barbara, Reggiani, je n'aurais pensé éprouver de telles sensations de bien être, de réconfort, presque de force. Par le seul enchantement d'un timbre de voix chargé de générosité, un cri de vielle, un souffle long de cornemuse, une fantaisie d'accordéon jouant avec les cordes subtiles d'un violon... A soixante ans, à part ma famille, deux ou trois amis, un cocktail frit de fruits de mer, et la neige sur le Puy de Gudette, je ne pensais plus jamais rien aimer à ce point. A soixante ans, découvrir un nouvel amour, ça vous rachète de tout ce que vous subissez de laid et de lourd. Ça vous rend le désespoir drôlement joyeux.



Ne manquez pas le cadeau de Nadau


Je vous ai choisi l'un des trois morceaux que je préfère dans le répertoire de Nadau. Il y en a des réjouissants, qui font encore -et pour longtemps - danser un grand sud-ouest de la France et jusqu'en Espagne et il sont magnifiques. Et puis des bien tristes. Graves. Nostalgiques. C'est triste, mais c'est tellement beau que ça ne l'est plus véritablement, triste. "Los de qui cau ", c'est la grandeur de l'être. C'est quand on vous offre  six oeufs tellement gros, gonflés d'amour, que l'on ne peut pas fermer la boite. Ce sont des gens qui connaissent pas la grande Histoire, mais qui ont conduit la leur, la petite, avec simplicité, honnêteté. Ceux qui sont dans le journal que le jour où ils meurent. Ce qui ne disent pas des mots d'amour, mais en dispensent à satiété. C'est ceux qui n'oublient pas d'où ils viennent et demeurent à jamais, ce qu'il faut être.
Allez-y voir et dites moi...



Pour les abonnés à la lettre quotidienne  : il faut cliquer sur ce lien : https://youtu.be/5wSTjB9NYh4




"Drôles" de nouvelles


  • Pour la veille droite française tellement bien représentée par Bruno Retailleau et ses airs de révérant père, le virus est aussi l'occasion de redécrocher l'une de ses vieilles lunes. Il faut travailler plus. 37 heures demandent-ils modestement, pour sortir de la crise. Et de reprendre la vieille antienne des heures supplémentaires défiscalisées. Ils n'en peuvent plus de voir toutes ces feignasses à la maison. Et parlant de 37 ça rêve tout de même de 48. Car pour eux il n'y a que la productivité, le marché et le profit qui comptent. Comme avant, évidemment...
  • Le coronavirus va faire exploser le déficit de la Sécurité sociale à plus de 41 milliards d'euros, "du jamais-vu" même au plus fort de la crise financière, a annoncé le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. Et les recettes s'annoncent faibles. Mais enfin vu ce que l'état vient de balancer aux patrons et aux banques, on ne va pas s'apitoyer sur 41 petits milliards
  • Selon un sondage BVA pour Orange et
    Durant le confinement, il faut fumer au minimum
     deux paquets pour combattre le virus et
    picoler sans modération pour garder le moral
    Europe 1, hier, les français ont peur. Tiens donc, quel scoop ! Alors ils ont peur de quoi cette fois ? 66 % des Français par exemple sont pessimistes quant à l'avenir immédiat. Alors que l'école doit reprendre le 11 mai comme l'a promis le gouvernement, 62% des parents pensent pourtant que leurs enfants n'y retourneront pas à cette date. L'incertitude latente fait replonger la confiance dans le gouvernement à son plus bas niveau (33%) depuis le début du confinement.
    Ce qu'il faudrait surtout comprendre, c'est comme 33 % peuvent avoir confiance en ces gens. Avec ou sans confinement !
  • Monsieur Macron était hier dans une exploitation agricole du Finistère, puis dans un supermarché, afin de saluer la mobilisation de l'agriculture et de la distribution. Et de déclarer : "Merci à la ferme France. Elle a tenu. On peut en être fier. J'espère que nos concitoyens vont être réconciliés avec ce beau métier qui est celui de nourrir la nation".
    On ne sait pas ce que retiendra l'histoire de son quinquennat et de son élection surréalistes, mais il devrait obtenir haut la main la palme du faux-cul .

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire