Vous savez pourquoi je tiens ce blog ? Oui, bien, sûr parce que sinon je m’ennuierais. Parce que sans moi vous vous ennuieriez aussi. Parce que j’ai besoin d’exister, de montrer comme je sais bien écrire. Et que pardi j’ai une égo surdimensionné ! Non, sérieusement, j’écris parce que j’ai peur. Y en a qui parlent beaucoup lorsqu'ils ont peur, ou qui ont envie de pisser. Moi, j'écris ! Alors pas de cette peur qui fait baisser la tête, ramper en suivant le drapeau, le troupeau, les mains sur la tête pour se protéger de je ne sais quoi. De la peur que la peur des autres, - ô pas la vôtre, je le sais bien, allez ! -, conduise au choix le plus aberrant, atterrant, effrayant. Cette peur cultivée en laboratoire néo-liberal avec la collaboration d’éminents spécialistes centristes, la peur instillée par les médias ou des journalistes plus pleutres que les pleutres, plus vénaux que les vénaux, sévissent sans retenue ; la peur réinventée par les puissants, ceux de la finance et du capital, afin d’asservir ces groupes humains innombrables - tellement redoutables s’ils se fédéraient, s’entraidaient - et qu’ils ont su, par un jeu subtilement pervers, diviser, dévier, aigrir, rendre mesquin et in fine parfaitement inoffensifs. Car, plutôt que de poser les deux problèmes existentiels, le dérèglement climatique et les risques afférents : la paupérisation, la crise sociale, humanitaire et la guerre, ils focalisent l'opinion publique sur des questions dérisoires d'immigration, de voile, d'identité nationale et tout ce que peut recouvrir la médiocrité de la pensée.
Oui, j’ai peur du verdict des urnes, tellement ! Ce serait si grave, peut-être irréversible, que je ne m’en relèverais pas. Peur ? Pour moi ? Jamais ! Pour mes enfants, leurs petits, pour ceux que j’aime et même d’ailleurs, je suis con, je le sais, pour tout ceux que je ne connais pas. Tout semble fait, organisé, prémédité pour que les loups du néo-fascisme, provisoirement alliées aux hyènes libérales, entrent derechef dans Paris. Pas en uniforme non, en tenue fort correcte, presque rassurante, en tailleur de belle griffe et talons hauts, en grand sourire tellement carnassier qu’il n'aurait dû tromper personne !
Vous n’êtes pas tous de gauche et pas tous Insoumis, hélas ! Mais regardez comment ceux qui se sont offert l’exclusivité des médias s’acharnent sur Mélenchon, en le caricaturant et le diabolisant. Regardez l’affaire Deranque où un adorateur des nazis, venu perturber avec sa bande de fachos ultra-violents une conférence, finit par se faire prendre à son propre jeu. C’est triste évidemment mais ne justifie en aucun une minute de silence au nom de la République. Et voyez comment les antifas sont stigmatisés alors qu’il n’ont fait que répondre à une expédition punitive préméditée. Manière à peine masquée d’impliquer le député Raphaël Arnaud et sa Jeune Garde. Et Rima Hassan que l’on met sans cesse en cause et en garde à vue pour circonvenir les génocidaires israéliens ! A qui l’on invente de la drogue en boucle dans tous les médias, alors que l’information est vérolée, mais jamais démentie ensuite, sans donner la parole à la victime de ces ignobles fake news. Et Bally Bagayoko ! Alors lui c’est tellement énorme, grotesque, grossier que l’on aimerait en rire, comme l’on pourrait rire de Lecornu et Retailleau qui voudraient bien dissoudre LFI ! ; oui l’on pourrait rire de ces comiques malgré eux si, dans le fond, ce n’était si alarmant. Peut-être parce qu’il n’est pas très blanc, sans doute parce qu’il est Insoumis et possiblement parce qu’il a ridiculisé ses adversaires aux « municipales », on lui attribue des propos absurdes qu’il n’a jamais tenu, des fraudes fantasmées et jusqu’à l’accuser de foutre le feu à des poubelles, alors que durant une manif de jeunes il en évacuait une afin d’éviter qu’elle ne fasse plus de dégâts !!!
Ils sont devenus fous. Mais pas de cette folie bien identifiée au sens pathologique. Il suffirait alors de les enfermer. Ils sont fous de cette rage incontrôlée justement parce que, habitués tout là-haut à manipuler le peuple comme une marionnette, ils sentent bien que quelque chose leur échappe, qu’un mouvement de fond, puissant, s’organise. Il est puissant et profond parce qu’il vient de loin et qu’il est juste. La rage de voir enfin un mouvement de jeunesse prendre l’initiative de riposter et de refuser cette logique de domination et d’écrasement. Ce n’est pas seulement un mouvement politique, celui des Insoumis - qui réalise un travail programmatique et intellectuel unique dans l’histoire -, mais c’est aussi celui d’une population qui, dans la vie des quartiers, de l’entreprise, le milieu culturel et sportif saisit à la fois l’urgence de la situation, la nécessité de se rassembler et la chance de renverser enfin, la fable capitaliste.
Toutefois, le danger de voir cette population, de Carcassonne à La Seyne-sur-mer et de Hayange à Forbach, croire que le Rassemblement National aime les gens et s’en soucie, maîtrise son sujet et donc détient la vérité et les solutions, le danger de les voir faire ce choix, reste considérable. Notre chance c’est qu’ils sont tellement haineux que parfois ça déborde, ça dégouline, ça déraille. Comme ces propos de Bardella heureusement exhumés par Médiapart. Les médias et le bloc central feignent de s’en étonner. Quelle malhonnêteté ! Tout témoigne et depuis longtemps, depuis toujours même, de l’antisémitisme du parti créé par Jean Marie Le Pen, des collaborateurs, d’anciens nazis et d’Algérie. Et l'on devine bien aussi, cette internationale fasciste dont le socle est ancien mais émerge désormais, lorsque le ministre chargé de l’antisémitisme en Israël vient soutenir un Bardella qui a bouffé du juif durant toute sa jeunesse ! Cela rappelle le vieux Klarsfeld, ancien chasseur de tortionnaires de la Shoah, donnant finalement l’absolution à la famille Le Pen! Quelle histoire !
J’ai peur enfin pour cette jeunesse qui elle, semble l’avoir conjurée, la peur. La peur ne s’efface pas mais l’espoir la couvre. Ces derniers jours, j’ai vu des adultes redoubler d’humanité lorsque des profs ici, des syndicalistes là, ont formé un cercle autour des gamins, comme un barrage générationnel, adressant aux forces de répression un signe réprobateur et comminatoire. Ailleurs ce sont des élus, des députés qui se sont interposés en disant aux hommes armés de noirs desseins : touchez pas aux gamins ! Je ne sais ce qu’il va se passer aujourd’hui, ni demain. Mais il y a des échéances. Celle du 6 octobre vient s’ajouter et s’intercaler avant le 17. Il y aura, d’un côté, tous ceux qui, des lycées aux usines en passant par les facs et les maisons de retraite, protesteront massivement, fermement et dénonceront cette collusion mortifère entre capitalisme et fascisme. Et puis ceux que cela indiffèrera encore, qui laisseront faire comme toujours et brûleront, je l’espère, dans l’enfer de leur conscience. Dans l’une des vidéos que je vous adjure de regarder ci-dessous, il y a deux citations fortes. Lucie Aubrac : « Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent ! » et George Jackson : « Réglez vos problèmes, unissez-vous, comprenez la réalité de notre situation. Comprenez que le fascisme est déjà là, que des gens meurent alors qu’ils pourraient être sauvés, que des générations entières connaîtront la misère ou des vies mutilées, si nous renonçons à agir. Faites ce qui doit être fait, redécouvrez votre humanité et votre amour dans la révolution, passez le flambeau, rejoignez-nous, donnez votre vie pour le peuple. » Bon, je vous laisse avec ça. Passez une aussi bonne journée que vous le pourrez !
____________________ * Comment vient le fascisme. Ne manquez pas cette vidéo, un peu plus bas dans le blog. TOUT le monde devrait la voir une fois ! Et c'est pour cela que vous la ferez suivre. Merci ! |
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