Tout être normalement constitué, je devrais écrire honnêtement structuré, intellectuellement achevé, humainement élaboré devrait constater par lui-même que, s’il existe plusieurs fléaux sur terre, tous ou presque sont générés par une seule engeance. Les riches ne constituent pas seulement un agent polluant de notre environnement, c’est-à-dire du vivant - ou de ce qui tente de le rester ! -, un élément perturbateur de notre société, une contribution majeure à la dévastation de ce monde. Ils sont tout cela à la fois : néfastes, nuisibles. Méphistophéliques. En sorte que les démystifier, les combattre et vouloir les éradiquer comme on a pu naguère vouloir combattre et éradiquer la peste et la rage, ne relève en rien de l’utopie ou de la folie, moins encore de la haine mais de l’impératif moral, de la plus élémentaire justice, de l’implacable nécessité. Auxquels j’ajouterai l’urgence absolue.
Avant que de poursuivre et au cas où pourrait s’instiller le moindre doute, la plus infime ambiguïté, lorsque nous manifestons - nous les humanistes, anticapitalistes, altermondialistes, internationalistes, universalistes que vous pouvez traduire par écoterroristes, islamo-gauchistes, wokistes et antisémites dans la terminologie commune à Nunez, Retailleau, Attal, Le Pen et Glucksmann -, l’intention légitime et vitale de supprimer les riches, cela ne s’entend pas au sens physique de l’acception. Nous disposons de l’arme absolue, bien plus efficace que les fourches des Jacqueries d’antan et jusqu’aux révolutions des siècles passés : le bulletin de vote. Cela nous différencie considérablement de nos frères anarchistes, tellement peu adeptes de démocratie et compulsivement incrédules, qui ne voient dans ce modèle éculé qu’un vaste piège à cons, au même titre évidemment que les élections qui l’accompagnent. Loin de moi l’intention de remettre en cause la pertinence de leurs objections ni la démonstration des faiblesses et perfidie du mode censitaire. Ce que je me permettrais de leur suggérer, c’est le caractère tragique et brutal de la situation. Le capitalisme aux abois - un peu à la manière des Nazis se repliant de France en passant par Oradour-sur-Glane - fout le feu absolument partout, c’est à dire pas seulement en Haute-Vienne. Des fonds d’investissements et de pensions aux multinationales, des banques conventionnelles à la dictature de la Musk-tech et jusqu’aux technostructures étatiques, nous voici assiégés, étouffés, sacrifiés par les oligarchies, les ploutocraties, les autocraties complices et tous les autres coups de scie, déjà assumées et bientôt revendiquées.
Avant la Révolution de 1789, ce ne sont ni le prix de l’essence ni la baisse des APL qui précipitèrent la chute de la Monarchie et des privilégiés, mais la famine consécutive aux mauvaises récoltes. En ce sens, nous approchons d’une situation similaire du fait des incendies qui se répandirent cet été partout sur le territoire et de la canicule qui généra de mauvaises récoltes, plongeant la population la plus vulnérable dans un inconfort total. Cette fois ce n’est pas une Reine retranchée à Versailles qui déclama « S’ils n’ont plus de pain qu’ils mangent de la brioche ! », mais un roquet relevant davantage de l’idiocratie médiatique macronienne, qui asséna sa vérité selon laquelle nous avions tous chaud, même Bernard Arnault : « Il y a ceux qui vivent sous les toits et se sentent autorisés à parler plus fort… » Et de conclure à l’endroit des malheureux qui dépérissaient : « Tout le monde s’en fout ! ».
Ce n’est pas seulement au nom des millions de précaires, ni des pompiers envoyés au sacrifice dans les brasiers, pas même des familles de milliers de morts supplémentaires qu’il convient de se révolter, mais au nom de l’humanité, de la dignité de chacun de nous. Une civilisation qui se coucherait ainsi devant une telle brutalité de caste, déconsidérée, humiliée, piétinée, mériterait alors son triste sort ! Or, comme aux pires moments de son existence, vieille maintenant d’une cinquantaine de siècles, elle a toujours su se réhabiliter, se reconstituer et s’émanciper. L’ère capitaliste, à cette échelle, se révèle ridiculement infime et si elle marquera l’histoire de l’humanité par la fulgurance et l’ampleur des ravages qu’elle aura commis en si peu de temps et par sa barbarie, elle ne laissera aucune nostalgie. Un seul regret finalement, c’est qu’elle ait pu exister, s’imposer, perdurer ! Je sens, vous le sentez, nous le sentons, ils le sentent... C’en est fini de cette période de deux siècles apocalyptiques clairement marqués par le début du capitalisme et de l’anthropocène. Fin du pétrole, des profiteurs, des privilèges. Toute une époque !
Mais comme pour toute autre citadelle, on ne pourra l’abattre qu’en donnant les derniers coups de pioche. Les anarchistes et quelques mouvements révolutionnaires fantasment encore des batailles de rue, barricades et autres cocktails molotov. N'auraient-ils pas vu que, depuis le milieu des années Hollande et durant toute la macronie, le pouvoir en France conseillé par McKinsey sous l’égide de la World compagnie, s’est préparé à affronter son propre peuple. Abandonnant les commandes de canadairs pour la construction d’armes toujours plus sophistiquées jusqu’au fameux centaure, sorte de char d’assaut livré à la police et à la répression sous toutes ses formes de manifestations populaires. Lors des mouvements de Gilets jaunes et des retraites, leurs flash-balls crevaient des yeux, leurs grenades arrachaient des mains. Demain ce seraient les têtes que Nunez, Darmanin ou Retailleau emporteraient sans hésiter, ni même trembler. Et si un jour les méthodes répressives des ultra-libéraux ne suffisaient pas, les riches qui dirigent tout, n’hésiteraient plus à s’en remettre à la terreur fascistes ! Nous avons affaire à des sauvages, enragés, assoiffés de pognon et les pacifistes que nous sommes intrinsèquement, seraient balayés en quelques heures.
Jamais un candidat de l’envergure sans égale de Mélenchon et je voudrais bien que même les plus perplexes s’en imprègnent enfin, n’avait été si loin dans l’intention d’abattre le monstre capitaliste et d’emprunter une autre voie, plus juste et humaine. Pas seulement un changement de République rendu nécessaire par l'obsolescence de la présente, mais une société à rebâtir sur le champ le plus large de la justice et de la fraternité. Fondée sur l’horizontalité de la gouvernance, sur le partage décisionnel, une certaine connivence citoyenne conduisant à l’harmonie sociale. Nous appelons cela le collectivisme, choisissez le vocable qui vous convient ou vous rassure. Je ne dis pas que Mélenchon représente la panacée, ni qu’il marchera sur l’eau. Je suis là, en plein accord avec les camarades d’extrême-gauche. - La vraie !-. Bien sûr, je rêve d’une société égalitaire où chacun mange du même appétit, se chauffe du même bois et se loge à la même enseigne. Je rêve de commerces, d’entreprises, d’hôpitaux, d’écoles, de banques où le seul statut serait national ou coopératif. Sans patron, sans direction, évidemment sans autre actionnaire que chacune et chacun de ceux qui abondent. Où, pour épargner notre terre dévastée, on penserait à donner plus qu’à recevoir, à partager plus qu’à consommer et à contempler plus qu’à exploiter. Peut-être tendrons nous vers cet idéal, tant le leur est moche, dépassé, détesté. Criminel ! Les cadres Insoumis n’ont d’ailleurs de cesse de le dire : « Si nous gagnons les élections présidentielles et législatives, c’est avec le soutien mais aussi la pression de la rue que nous parviendrons à vaincre le capitalisme. » On s’en souviendra ! Mais en attendant, prenons-en le chemin. Nous n’avons plus ni le temps, ni le choix. La suppression de la TVA sur les produits de premières nécessité et le blocage des prix, l’augmentation des salaires, la réquisition de logements vacants pour les plus précaires, l’impôt sur les grandes fortunes - avec une forte progressivité sur les très hauts revenus -, les taxes sur les gros héritages et la captation à partir d’un seuil indécent, l’interdiction des transferts de capitaux à l’étranger et l’obligation de payer la totalité des impôts en France - pour ceux qui voudraient bien y rester !-, la fin de l’accumulation indécente, de tous les privilèges aériens, maritimes, alpins, terrestres et autres fantaisies qui portèrent le coup de grâce à notre unique planète, notre bien commun...
En résumé, je voudrais assurer aux riches qui doivent être nombreux à me lire - car je devine à quel point ils sont très sensibles à ce que je peux en penser -, qu’il ne leur sera évidemment fait aucun mal. A propos d’Yves Montand, un précurseur de ce qu’il est vital d’identifier comme la fausse gôche, Jean Ferrat chantait : « Tu devrais pas avoir honte de l’argent que t’as gagné, mais nous te supplions pépère de pas baisser les salaires, si t’entrais à l’Elysée... » Ce n’est pas qu’on les aime, mais nous allons leur pardonner. On va tout leur prendre de ceux qui nous empêche de bien respirer ; leur jets, leurs yachts, leurs chalets, leurs châteaux, leurs comptes dans les paradis fiscaux, leurs réserves de cocaïne, leurs maîtresses du catalogue Epstein... Fini les milliardaires, les millionnaires aussi ! Ne restera plus sur terre que des gens normaux qui contribueront ainsi à en finir avec la misère. On va tout leur prendre et leur rendre ce bien inestimable : la dignité ! ______________________
827 000 millionnaires En 2023, selon CapGemini, le nombre de ménages français millionnaires en dollars s'est établi à un niveau record à 827 000 soit 50 000 de plus en un an. Dans le même temps, selon l'INSEE 9 800 000 personnes résidant en France métropolitaine vivent sous le seuil de pauvreté, soit environ 650 000 personnes de plus qu'en 2022. Prés d'un français sur trois renonce à des soins de première nécessité, réduit sa consommation alimentaire et ne part pas en vacances. https://bsky.app/profile/prodmov.bsky.social/post/3mslqrdakcs27 |
Le courrier des Copains
Merci à tous ceux qui prennent le soin d’ouvrir ces newsletters, à ceux qui lisent ma production, à ceux qui m’envoient des ondes positives, des pouces et des cœurs, qui m’écrivent. Mais par-dessus tout à ceux qui partagent ces chroniques. J’espère que nous pourrons accroître ces interactions et je me permets d’insister sur l‘utilité de la transmission. Elle sera essentielle au moment de défendre nos convictions, notre avenir, celui de nos enfants surtout et de celles et ceux que nous aimons.
"Cela fait longtemps que je te lis et je ne te l’ai jamais écrit, mais tu es dans l’air du temps. « Celui qu’il fait, celui qui passe »... c’est de toi ! Bref j’aime beaucoup et j’espère que tu ne t’arrêtera pas !" Colette (84)
" J’ai découvert votre blog il y a quelques semaines en scrollant sur Bluesky. Je regrette pas. Cette plume incisive me fait du bien. " Gilles L. (32)
" Cet article, ou blog, au passage admirablement et si clairement écrit mérite d'être salué. Je salue, cher Jacques, ton engagement politique. Celui que tu mets au service du citoyen; lequel je l'espère en tirera les leçons et l'invitera à prendre position. Fermement, résolument et solidairement. Bel été et merci d'utiliser cette plume ." Jean-Luc (09)
"… Eh oui ! le même jour sur les ondes de Radio France presque à la même heure, pendant la Matinale. Erner sur Culture recevait Le Pen Marine et sur Inter, le duo Duhamel-Lhour accueillait Jean-Philippe Tanguy. Du coup, j'ai éteint le poste... Deux RN sur deux radios du service public, ça fait ch... J'ai éteint après que Le Pen s'est mélangé les pinceaux pour justifier la privatisation de Radio France. Si je l'ai bien comprise, le service public elle veut en garder un bout mais que ce bout soit à la botte du pouvoir !" Francis (38)
"Toujours le petit mot subtil qu’il faut savoir saisir dans tes textes ciselés. Ceux qui ne connaissent bien te lisent le mieux. Cela me rappelle le bon temps…" Alain (84)
"Bravo camarade.. Dieu est mort mais les cons et les fachos prospèrent..." J.L (83) " Encore merciiii pour tes chroniques Perso, sur les gens qui se laissent aller à des propos racistes et haineux, j ai trouvé des idées ( ça ne marche pas toujours ): - Elle vient d ou ta famille ? À la seyne, souvent d Italie… alors je leur rappelle les démarches racistes anti italiennes du début du siècle - et si on essayait l amour et la paix! …. - je ne traite plus le RN de fasciste, même si je le pense profondément, mais je dis que leurs idées et « valeurs » peuvent amener le fascisme ! Voilà. Maga (83)
" Un petit mot pour te remercier de l'envoi de tes billets toujours offensifs. Oui vraiment merci." M.A (03)
"Bien des sociologues vous le confirmeront, c’est au sortir de la guerre et dès le départ des trente glorieuses que cette société s’est mise à déconner" J'ai adoré cette entame de paragraphe. Et le billet tout entier. Maintenant je vais prendre connaissance de ce doc sur ce petit Palestinien. Garde ta verve, Jacques, c'est trop rare de nos jours. Tes billets sont un délice." Sylvain M (83) |
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