Eh non ! Vous n’y couperez pas à mon petit couplet sur le climat. Par ces temps qui nous accablent, le café du Commerce ne désemplit pas. Un coup de chaud, un coup de plus, au point où nous en sommes ! Non mais je pense que dans cet exceptionnel enchaînement de quinquennats de « détraqués » - je parle de lui évidemment, mais aussi de ceux qui ont voté pour lui ! - entre « ceux qui ne sont rien » et « je n’ai qu’à traverser la rue » l’une des phrases mythiques de Macron restera quand même : « qui aurait pu prévoir ! » Ben moi par exemple ! Voici presque trente ans, qu’avec mon seul doigt mouillé - puis séché - et mes petites statistiques maisons, je constate que quelque chose ne va plus. Des cumuls pluviométriques en berne aux fermetures de plus en plus fréquentes de la station de Laguiole, en passant par la disparition de la moitié de nos forêts, la raréfaction des oiseaux, inversement proportionnelle à l’augmentation des traces d’avion dans le ciel, je me dis que la mondialisation et la lobotomisation des gens par injection massive de consommation, sont en train de foutre le feu à la planète. « Notre maison brûle - dénonçait Chirac à Johannesburg en 2002 - et le monde regarde ailleurs ! » Il était bien mon Chichi, quand même ! Comme l’année suivante lorsque par la voix De Villepin à la Tribune de l’ONU il avait dénoncé la guerre coloniale des Américains et de leurs alliés en Irak. C’était pas du Boris Vian, mais ca disait quand même qu’ils pouvaient bien aller la faire, mais que ce se serait sans nous. Je sais que cela agace mes amis Trots, Cocos, Anars moi qui suis beaucoup des trois à la fois, mais enfin depuis de Gaulle, je n’avais jamais entendu de paroles aussi fortes et sensées et cela m’aurait presque rendu fier d’être Français, s’il y avait en réalité la moindre raison d’être fier de quelque chose et notamment d'être né et de vivre ici plutôt qu’ailleurs.
Et des raisons d’être fiers pour ceux qui ne pourraient s’en empêcher, il n’y en a guère, il n’y en a plus ! Dans tous les domaines, absolument tous, à l’exception de la corruption et du respect de la démocratie, la France est en recul et très souvent aux derniers rangs. Voici vingt ans que nous élisons des pitres à l’Élysée. Sarkozy se prostituait en Libye, Hollande courait après les filles en scooter et Macron tapine depuis, pour la finance, BlackRock, McKinsey et toutes sortes de lobbies épouvantables et peu climato-compatibles. Le bilan peut ainsi être rondement dressé, la dette et le thermomètre explosent. Voici trente ans que j’ai la trouille de ce qui arrive et lorsque je me présentais comme éco-anxieux, les gens se foutaient de ma poire déjà sèche. Aussi bien ceux qui votent pour les descendants de la Waffen SS, que ceux qui défendent le droit de s’approprier une terre qui n’appartient à personne ! Mais lorsqu’est arrivé le confinement, je l’admets, je me suis mis non pas tant à y croire - car je connais quand même un petit peu mon monde -, mais au moins à espérer que justement, les gens même les plus bêtes et les plus aisés - souvent les mêmes d’ailleurs ! -, se rangeraient à la raison. Ce simple petit pas de côté, qui aurait pu tout changer. Durant ces périodes de confinement où l’on redécouvrait la pureté de l’air et le chant flûté des chardonnerets, on disait qu’il y aurait un avant et un après. Et c’est vrai ! Depuis la Covid qui faisait suite aux Gilets Jaunes, notre démocratie en a pris un pet dont elle ne s’est pas relevée ! Car de la même manière qu’on était fliqués lorsqu’on n'avait pas le pass-sanitaire, nous étions frappés si on n’était pas favorables à l’idée de mourir avant de partir à la retraite, si l’on s’opposait à ce que toute l’eau soit captée par quelques gros exploitants et encore à présent, si l’on est suspecté de condamner le génocide des palestiniens sous le seul prétexte qu’ils ne sont ni blancs ni catholiques (je vais éviter de parler du Printemps Républicain, d’Elnet et du CRIF pour ne pas en prime me prendre une garde à vue pour antisémitisme !)
Pour redevenir sérieux, car tout de même il y a matière à l’être, chercheurs, scientifiques, organisations mondiales, quelques rares parti politiques ; Greta Thumberg la plus emblématique, le Cacique Raoni Metukture et René Dumont les anciens, Jean Jouzel, Jean-Marc Jancovici, Christophe Cassou, Cyril Dion, Aurélien Barreau et j’en oublie en chemin par dizaines, soulevèrent inlassablement la question et parfois même le ton, en vain et contre tous les intérêts capitalistes qui conduisent le monde à sa perte avec la complice veulerie de populations endoctrinées à la croissance, décérébrées volontaires juste pour ne pas être embêtées.
Je le disais, la France, partout, dans un monde pourtant peu exemplaire en la matière, est montrée du doigt. Faut dire qu’elle se surpasse, lorsqu’on pense que nouvellement réélu son président avait juré que l’écologie serait la grande cause nationale. Comme le féminisme, la protection des enfants et des sans domiciles… (des balvernes, j’en oublie sûrement !). On se souvient comme si c’était hier de la Convention citoyenne pour le climat, l’une des plus grosses escroqueries de la Macronie, experte en communication et en inhumation de mesures progressistes. Non sans avoir placé à sa tête l’une de ses obligées, Laurence Tubiana, le président enterra quatre-vingt dix pour cent des propositions issues d’une Convention dont la plupart des membres démissionnèrent en colère ! Ne restait plus - en forçant le trait - que le volet nucléaire, l’un des dadas de la finance et des va-t-en-guerre... Depuis dix ans notre pays recule dans le domaine de l'innovation et de la conversion. De leader est devenu larbin. Comme l’illustre la servilité de Macron devant Trump, lorsqu’il occulte par deux fois et encore dernièrement à Evian lors du G7, toute question liée à l’environnement, afin de ne pas froisser le foldingue qui mène le monde à sa perte.
Et vous avez sûrement vu ces derniers jours, Marine Le Pen dont le parti est de tous temps le plus virulent (avec Retailleau et Darmanin) contre les écologistes, qui ose s’aventurer dans un « on aurait dû écouter le GIEC ! » et le pitre Attal, constater « on n'a pas été assez loin et assez vite ! » lui qui, il est vrai, n’a jamais été ministre, le Premier même et thuriféraire de la grande œuvre macronienne ! Dans ces conditions, les guerres de Poutine et de l’OTAN, celle de Nétanyahou en Palestine, au Liban en Iran et de Trump un peu partout où il peut mettre la merde, servent d’arguments aux écocidaires ordinaires, sur le mode « avec toutes ces bombes et ces rafineries qui flambent, qu’ils viennent pas nous emmerder parce qu’on fait couler un peu d’eau ! » Et en parlant de tanks, j‘ai vu le même jour dans les rues de mon village paumé en Aubrac, deux espèces de panzers détestables, en fait des voitures de la taille de camions que l’on nomme Dodge Ram. Paraît que ça vaut autour de 80 000 euros, que ça consomme 15 litres au cent et que ca vient des États Unis comme les Tesla mais avec le salut nazi en moins. Le combo ! Ceux-là - je parle des propriétaires -, des quarante-deux degrés qui tombent sur les enfants des banlieues, ils s’en foutent ! Tout comme ceux qui barbotent dans leur piscine privative alors que la plupart des collectivités n’ont même plus les moyens d’entretenir leurs bassins publics pour les jeunes défavorisés. S'en foutent, comme ceux qui s’agglutineront dans les aéroports pour aller Dieu sait où tandis que le petit peuple dépérira loin de la mer dans la touffeur de la cité. Voilà pourquoi contre Macron et Trump, contre la Silicon valley et Total, le dérèglement climatique doit être politisée. Et le Soulèvement de la terre reprendre les fourches ! L’écologie, sans la lutte des classes c’est du jardinage (Chico Mendez, militant syndicaliste brésilien). Et Mme Tondelier, MM Cohn-Bendit et Jadot, de minables petits jardiniers ! |
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