Trump, Nétanyahou, Poutine, Miléi, Meloni, Macron… Ce monde ne rime plus à rien ! Et lorsqu'il n’y a plus rien, il reste la philosophie. Tout le monde peut y accéder, sans argent, sans abri, sans illusion. Un bout de cerveau, même abîmé, peut suffire et c'est en cela, je vous l'ai déjà confié, que j'aime philosopher. Il y a ceux qui en sont maîtres et, qu’évidemment, de telles assertions affligeraient s’ils venaient à me lire. Risques fort restreints car, en principe, ils ne se compromet-tent jamais en compagnie d'obscurs béotiens dont les formulations les plus simples rendent le texte incompréhensible à leur estime. Et si j'ai le plaisir d'en connaître un d'assez près, je me demande bien, quand même, s'il s'aventure sur ce blog. Patrick si tu es par là... Quant aux autres, effrayés par le seul vocable, ils partent en courant se réfugier chez facebook ou remplir une case vide au café du commerce. Ce n’est évidemment pas mon ami, éminent prof à la Sorbonne que j'aimerais ferrer pas ses lignes, mais ces millions de braves gens qui, sans avoir à consentir tant d'efforts qu’ils ne l’imaginent, pourraient s'endormir plus éveillés. Sans parler du lendemain matin...
Notez bien qu’il ne serait pas nécessaire d’attendre l’apocalypse, d’atteindre le vide sidéral pour partir en quête de l’interrupteur qui rétablirait un peu de lumière. S’engager politiquement, s’efforcer d’y entraîner les autres, constitue déjà une contribution à l’amour et à la sagesse. Rien n’est pire - et nous touchons au pire - que ces renoncements au combat pour les valeurs et je ne pense ni au travail, ni au patriotisme, mais aux entreprises fraternelles consistant à rendre la vie de chacun plus acceptable. Le grand déséquilibre du monde, celui qui vacille et s’effondre, vient justement de cette quête de domination d’une caste bien née, sur une masse maltraitée par le destin et aggravée par la sauvagerie des dominants. « Pendant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l'humanité » proposait Sénèque. Pratique encore peu répandue plus de vingt siècles après cette offre pourtant équitable. On peut s’amuser du fait que, plus récemment, il y aura à peine dix ans, nous avons élu un président de la République qui se disait lui-même philosophe et dont tout le cheminement l’a conduit à soutenir l’ouverture des boutiques le 1er mai ! Pas étonnant alors que, inspirés de la sorte, nos compatriotes ne rejettent pas tellement Trump par le fait qu’il s’agit d’un tyran fasciste, mais parce qu’il fait grimper le prix du sans-plomb !
La nature ayant horreur du vide, la culture jadis élevée au rang de priorité a cédé la place à ce trop-plein d’informations abêtissantes et biaisées, d’où dégouline toute une confrérie de philosophes suffisants et malfaisants, adeptes de la déformation des faits. Les chaînes spécialisées, diffusant en continue leurs balivernes, se sont substituées aux chaires universitaires et ce sont toujours les mêmes, Lévy, Ferry, Enthoven, Onfray, Finkielkraut qui répandent leurs truismes doucereux ou leurs fielleuses perfidies. La pensée décompexée ! Loin des principes universalistes, des conceptions fines et pénétrantes, leurs logorrhées alambiquées, monocordes, transcendent le patriotisme aux forts relents nationalistes et pervertissent une laïcité qui dévoile un racisme assumé. Le répand, l’encourage. N’étaient quelques subtilités sémantiques, ainsi que l’absence du fracas de verre, le chuintement aigu du percolateur, on se croirait aussi bien au café du Commerce que sur les plateaux déchaînés de télévision.
Entre les énergumènes du Printemps Républicain et les exégètes rigoureux de la pensée de Kant, n’y aurait-il pas une voie pavée de meilleures réflexions ou d’accès plus abordable vers cette matière essentielle, substantielle aussi à nos consciences et nos actes. Se mêler de politique cela tend forcément à confronter des idées, des émotions, des sensibilités, c’est être amené, peut-être condamné, à philosopher. C’est-à-dire à épouser la sagesse qu’il ne faut jamais différencier des grands principes humains. Loin en somme de la corruption, du mensonge, de la vénalité qui nous cerne et nous gouverne. Cela nous conduit enfin et pour y tendre, à résister. Ce mot immuable, intangible, enthousiasmant puisqu’aussi bien il porte tous le sens de l’existence, la force inouie de l’espérance. Et nous avons sous la main cette maxime incantatoire de René Descartes, grand-père de la Révolution française : « Il y a beaucoup plus de sûreté et plus d'honneur en la résistance qu'en la fuite. »
Mais en politique, suggérait le baron Otto von Bismarck - navré de citer celui qui nous a foutu la raclée en 1870 ! - il faut toujours suivre le droit chemin. On est sûr de n'y rencontrer personne ! Certes la voie est plutôt libre depuis quelques décennies mais, dans un environnement perverti pour ne pas dire totalement pourri, je trouve chez les Insoumis de Mélenchon, notamment le concept vivifiant de Nouvelle France - par lequel se tournerait enfin la page d’une politique injuste, excluante et surannée -, un rayon de lumière, un souffle d’oxygène, un soupçon d’espoir. Telle est bien en effet la perception que je crois juste et souhaitable de la philosophie, lorsque les chemins de l’égalité et de la fraternité se rejoignent et tendent vers la République. De Platon et de Robespierre. |
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