Il va donc falloir supporter Mélenchon un an de plus ! Et quand j’écris cela c’est évidemment dans le sens de soutenir. Ce qu’il va falloir subir, c’est le déferlement de médisances, souvent de calomnies, parfois d’agressions et persécutions, orchestré par le pouvoir capitaliste, les médias oligarchiques, soutenus par les corps d’État, on pense à la police et la justice, mais aussi bien aux services secrets. Français, parfois Américains et Israéliens ! Nous avons un an devant nous. Avec certes des perspectives inouïes de changement profond de société et de République mais, avant, des risques de violence qui ne seront évidemment pas le fait d’une France Insoumise qui prêche seule dans le désert des consciences, pour la paix, la justice, la solidarité entre les êtres. Dans un grand élan manichéen auquel je ne me soustrais pas, il me semble que ce sera en 2027, soit la Nouvelle France, généreuse, ouverte et joyeuse, soit la vieille France, moisie, égoïste et raciste. Et il me plaît à penser qu’en partant de si loin et avec un tel soutien populaire - comme aucun homme d’État n’en a peut-être compté depuis Charles de Gaulle -, Mélenchon va enfin accéder à cette fonction suprême dont lui seul désormais paraît avoir la stature. Ce n’est pas un mot jeté en pâture. La stature c’est l’expérience, la force morale, la dimension humaine et le courage politique. Sans doute vous étonnerai-je en suggérant que c’est à partir des attentats du 7 octobre 2023 que Mélenchon et son mouvement ont imposé ces valeurs intangibles de l’action publique : la force et le courage. Ils auraient pu abonder le discours lacrimal des uns, lénifiant des autres, condamner le Hamas aveuglément puis poser un mouchoir pudique sur le déferlement de haine et de violence délibéré et probablement prémédité de Netanyahou et de son pouvoir fasciste sur la Palestine. Il en a fallu de l’intégrité et de la constance, de la solidité aussi pour encaisser les coups qui depuis, venant des cercles sionistes et/ou opportunistes qui tiennent plusieurs leviers d'influence et manipulent l’opinion, parfois directement d’Israël, se sont abattus sur les Insoumis. Y compris lorsqu’ils proposèrent une place sur leur liste à Rima Hassan, originaire de Palestine et depuis, élue au Parlement européen. Le génocide en cours, l’épuration ethnique et la politique d’apartheid, bien qu’euphémisée, parfois niée et même encouragée par la France alors que fermement dénoncée par l’ONU et la Cours internationale de justice, ont fini par émouvoir une large partie de l’opinion, qui s’est plus ou moins implicitement ralliée aux positions des Insoumis. Lesquels n’en ont pas pour autant récolté encore tous les fruits mais au contraire subi bien des dommages. Il fallait compter avec le poids accablant, démesuré, de l’appareil d’État. Un véritable processus, non plus de déstabilisation, mais une entreprise de destruction à l’encontre d’une organisation politique dérangeante à plus d’un titre. Avant le 7 octobre, la droite - vous savez que j’y inclus une bonne partie de la fausse gauche - détestait tout autant LFI pour ce qu’elle incarne de radicalité contre toutes les formes de suprémacismes. Mais à part des députés qui ne portent pas de cravates, qui font un peu de bruit et beaucoup de boulot, un malheureux accros à la « blanche » - il est vrai que chez les bourgeois il n’y a personne sur les rails ! - et un Mélenchon qui clame « La République c’est moi » en défendant la porte de la sa permanence, ils ne disposaient que de maigres subsides. Et donc, depuis lors, il trouvèrent dans la figure de Rima Hassan la tête de Turque parfaite. Il ne restait plus qu’à dérouler la pelote. La mettre sous écoute, l’espionner dans ses moindres tweets et gestes, lui coller quinze convocations, quelques garde-à-vue et une rumeur d’usage de drogue, diffusée sur tous les médias aux ordres, de manière illégale et par surcroît totalement fausse ! Sans oublier cette commission d’enquête diligentée par l’élégant Wauquiez qui n’eut même pas l’honneur de s’y présenter alors qu’il voulait coller aux Insoumis l’étiquette fantasmée d’Islamo-gauchisme et même de complicité d’entrisme des Frères Musulmans. Ici on en rigolera, tant le vieux Méluche les a retournés comme des crêpes et parfaitement ridiculisés. Le tout accompagné d’une campagne de dénonciation d’antisémitisme tout aussi ignoble, voire même pire sur le fond, sans le moindre élément concret évidemment et quelques arguments spécieux, dérisoires, ridicules : « Ah vous avez entendu, il a ironisé sur Epstein et sur Glucksman ! » Si ça ce ne sont pas des preuves ! Ce qui est sûr, c’est que l’affaire Epstein elle ne les émeut guère. Comme pour le sulfureux Benalla - l’ami du président - Madame Braun-Pivet a refusé d’ouvrir une enquête parlementaire sur le pédocriminel auteur de ravages révélés, aux États-Unis certes, mais qui pourraient avoir débordé à Paris vu qu’il y passait la moitié de sa vie ! Non, à la place, la même qui n’a jamais eu un mot pour les victimes de crimes fascistes ou policiers, a, sans la moindre hésitation, imposé de l'Assemblée nationale, une minute de silence en hommage à un militant néo-nazi, mort dans une embuscade qu’il avait lui même tendu à un groupe antifas, dans le cadre - comme par hasard - d’un Conférence universitaire de Rima Hassan ! La République… c’est pas elle ! Jamais, y compris sous Sarkozy, l’État français n’avait été si loin dans la complaisance - et il me semble juste d’ajouter la connivence - d’actes racistes, alors même que tout dernièrement un vieil homme a tiré à la carabine sur des enfants maghrébins bruyants en revendiquant son racisme ! Tandis que la France Insoumise garde son sang-froid et augmente son assise électorale, il faut se préoccuper des nouvelles ignominies que les ministres zélés viendraient à fomenter. Ils devront être imaginatifs, machiavéliques même, ils en sont capables ! Mais il faudra qu’ils soient performants. Vous connaissez tous l’histoire d’Ésope, L’enfant et le loup ! A force de crier au loup, au loup ! plus personne ne l’a cru. De manière moins dégueulasse et non moins méprisable, ceux qui se font passer pour l’autre gauche - celle qui n’existe pas - vous diront : il est clivant ! Ben oui et alors ! Mélenchon parle fort et clair. Fort clair ! Et c’est bien pour cela que tant de gens le suivent. Un pays, un monde et même un petit cercle amical ou familial où il n’y a pas de conflictualité n’existe pas. Ou bien alors c’est un pays, un monde, un cercle de faux-culs et cela ne peut convenir qu’aux classes supérieures qui veulent dominer les autres en paix. Oui clivant pour les égoïstes, clivant pour les racistes ; les bourgeois repus et les fascistes décomplexés. Et je me répète, c’est en cela que Mélenchon est populaire. S’ils tirent tous sur LFI - comme le vieux monsieur sur les petits étrangers - ce n’est pas seulement une panique morale, c’est pour eux une lutte finale. Fondamentale. Faut les comprendre, ils ont beau infester leurs infos de fake-news, traiter Ballie de ballot, trafiquer éhontément les sondages, mettre un peu de drogue dans les affaires insoumises, mentir, calomnier, tricher, leurs ficelles sont élimées et, s’ils assènent encore sur la base de sondages bidons que tout le monde déteste Mélenchon, ils finissent par ne plus trop y croire eux-mêmes. Il resterait bien la solution de l’accident. Une balle perdue, des freins qui lâchent, une noyade dans une flaque comme Robert Boulin, un suicide malencontreux. Ils y pensent ! Je suis de ceux qui sont nés entre Carmaux et Castres, voyez ce que je veux dire ! Pour moi Mélenchon, c’est le Jaurès de l’instant. Même idéal, même posture, même talent oratoire. Lui aussi devait être jalousé et un jour, un fou ... « Demandez-vous belle jeunesse pourquoi ont-ils tué Jaurès ? » chantait Brel avant de lui-même plier bagage… - Le problème ce n’est pas tant Mélenchon qu'ils agitent tel un épouvantail, que le programme des Insoumis. Ils pourraient le tuer, certes, mais pas Manuel Bompard, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Mathilde Panot, Aurélie Trouvé, Léaumont, Guiraud, Lecoq, Vannier… A moins de les faire monter dans le même bateau et de le couler en Méditerrannée avec les petits migrants. Mais ne leur donnons pas trop de bonnes idées ! Ce que Macron, pas plus que Philippe ou Attal ne peuvent accepter, c’est que le système capitaliste soit remis en cause. La dette de trois mille milliards, l’inflation folle, la pauvreté, la famine même pour certains, le dérèglement climatique, ce n’est pas grave. Ce qu’il ne faut pas, car là est leur mission, c’est que l’économie de marché, le consumérisme, l’ultra-libéralisme soient menacés, voire même contesté. Or ce que LFI mettrait aussitôt en place est effrayant ! Une Révolution par les urnes. La Sixième République. Une société d’entraide et de partage où les bas- salaires seraient largement revalorisés, où le monde ouvrier, mais aussi l’artisanat, la paysannerie vivraient mieux, grâce aux contributions des vrais assistés, c'est-à-dire les plus riches, héritiers, actionnaires, cadres supérieurs et patrons de grandes entreprises, avec un plafonnement des ressources cumulées et de nouveaux impôts sur les classes dominantes. J’en profite aussi pour signaler au sieur Nunez que ce programme n’est pas d’extrême-gauche et qu’à ce titre il ne me convient pas ! Que sont devenus la confiscation des grandes fortunes, les nationalisations systématiques des banques, des moyens de production de l’énergie, des ressources naturelles - eau, air, forêts, terres -, de la santé, de la vieillesse, de l’enseignement et des transports ? Mais enfin, l’allocation d’autonomie pour les jeunes étudiants - sans distinction du CAP au doctorat -, la cantine gratuite et bio, la retraite à soixante ans, des règles vertes contraignantes, un traitement plus humain pour les vieux dans les EHPAD, les transports gratuits pour les pauvres, les services publics rétablis, l’accès au logement et aux soins pour tous, cela commence à prendre meilleure tournure. Sans oublier cette mesure phare, emblématique d’une nouvelle République : les référendums révocatoire et d’initiative populaire. Le premier consiste à obtenir par pétition la tenue d’un référendum sur la destitution d’un élu qui aurait failli. Cela valant aussi bien pour le président de la République que pour le maire d’un village. Quant au second, il doit permettre aux citoyens de s’exprimer sur les grandes orientations de politique publique, en dehors évidemment des questions régaliennes. Mais imaginez tout de même quelle bouffée d’air, quelle expression du bonheur ! Un programme autrement plus ambitieux et enthousiasmant que celui consistant à augmenter les gains des actionnaires, à ouvrir les boulangeries le premier mai, à vendre des armes aux pays criminels et à renvoyer tous les arabes chez eux ! En foi de quoi, je sais très bien pour qui vous voterez le 18 avril… et le 2 mai 2027. |
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