Il n’est vraiment pas dans mon tempérament de mener les combats sous cette forme. Aller démarcher, expliquer, tenter de convaincre ceux dont j’imagine que ce serait possible, mais souvent peut-être pas. Voici près de dix ans que j’alimente un blog et transmets la petite newsletter qui s’envole, pas tous les jours mais presque et par tous les temps. Mais ne la reçoivent que ceux qui ne s’y sont pas opposés et ne la lisent que ceux qui ont le temps ou manifestent un peu d’intérêt pour son contenu.
Voici quelques jours que je force mon tempérament et, aussi gentiment que possible, certaines adresses mails dans l'espoir de peser sur le choix électoral de mes relations. Si j’habitais une ville, un quartier, une campagne « normale » je serais tous les jours sur les marchés, les ronds points, devant les usines. Mais je vis dans une zone dépeuplée, certains diraient hostiles - pour la gauche c’est sûr ! – où tout le monde vote à droite - à de rares amis écolos près – et surtout, où il est quasiment impossible d’argumenter pour envisager le moindre revirement. Alors je fais suivre mes chroniques. Et je n’aime vraiment pas ça. La peur d’embêter les autres, de passer pour un illuminé, de me fâcher... C’est un peu comme si je menais un dernier combat, le plus grave, pas encore désespéré et même au final enthousiasmant, car le pire n’étant jamais sûr, je me dis que peut-être, comme à certaines périodes de son Histoire, la France connaîtra un sursaut magnifique.
A ceux qui me font le plaisir et la confiance de me lire assidûment, j’ai une requête à formuler. Parlez, écrivez, faites suivre, pétitionnez, sortez dans les rues. Un sourire au voisin – moi et je ne suis pas le seul, ce serait plutôt à la voisine… - un petit mot et si le contact se fait, un peu plus, du genre : « Il fait beau aujourd’hui ! Pourvu que cela dure au-delà du 7 juillet ! » ; un verre de rouge ou un petit noir, échangé avec le collègue du bureau ; un discret message à l’adresse de supporters du même club que vous… Faire de la pédagogie auprès des braves gens qui ne disposent pas de tous les éléments et outils nécessaires à un approfondissement efficace et lucide de la situation d’urgence dans laquelle nous nous trouvons.
Que les gens aillent voter d’accord et bien sûr, mais qu’ils n’aillent pas déposer n'importe quel bulletin dans l’urne ! Leur dire que l’heure n’est pas de savoir qui de Faure, Jadot, Mélenchon ou Ruffin sera Premier ministre. Ce n’est pas pour un homme que l’on se prononce mais pour un programme signé du centre-gauche au Nouveau Parti Anticapitaliste ! Et ça, c’est un joli front. Quant il s’agit d’éviter un régime intolérant, raciste et nationaliste, la question n’est plus vraiment de savoir qui ira à Matignon.
Jusqu’à dimanche et je l’espère, jusqu’au 7 juillet, il nous reste encore un peu de temps pour prendre cette parole précieuse, envoyer des messages, des mails, des fessebouc, des am-stram-gram et des ouatesape. Pour démontrer quoi ? Que l’étranger n’est pas le diable, qu’il est notre égal et souvent notre chance. Que Macron et les siens, indignes jusqu’au bout, ont utilisé les mêmes leviers en entretenant la crainte, parfois la haine de l’étranger. Que la défense des gens qui travaillent et ne gagnent pas assez, c’est dans l’ADN de la gauche, le cœur du combat du Front Populaire, de l’ancien comme du nouveau.
Et que oui, même si notre ennemie - la finance – ne nous rendra pas les choses aisées à réaliser, c’est un monde meilleur, c’est-à-dire plus juste, plus respirable et fraternel qui nous attend.
Résister, c'est maintenant ! Demain il sera trop tard. |
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