Je vous connais pour beaucoup, vous imagine pour d’autres. Ceux qui me suivent amicalement depuis tout ce temps qui va finir par nous rendre vieux, ceux qui me snobent souvent et parfois amicalement aussi, ceux que j’irrite et ceux qui, bien inutilement, me jalousent. Vous sais étonné de ce que je ne sois pas tombé plus tôt, à chronique abattue, sur notre blonde détestée. C’est à la fois que l’on a bien le temps et plus encore que le temps ne s’y prêtait pas. Lorsqu’il tombe des déluges de feu, que plus rien n’entrave la destruction programmée de la planète par nos « amis » de la Compagnie mondialisée, les cuisines politiciennes peuvent attendre. D’autant qu’on parle là, d'une vieille carne et qu’il faut la mijoter sur la durée. Je savais enfin et de toute façon que l‘actualité m’y ramènerai bien assez tôt.
Les sondages l’ont déjà couronnée, ses partisans semblent le gober, laissons les faire ! Ce que nous mesurons tous, nous qui les vomissons s’entend et en toute objectivité et conscience, c’est que la candidature de Marine Le Pen met au moins un terme à la mascarade Bardella. Elle est certes tombée si bas, la France dont on pouvait jadis être heureux et satisfait - je n’emploie jamais le mauvais fier qui m’insupporte comme ceux qui le sont - qu’un peu plus, un peu moins, nous en n’étions plus à un Bardella. Mais si quand même ! Je ne sais pas vous, mais lorsque je lisais ou j’entendais ce jeune homme tellement vide d’aspect et d’essence, autant dans le regard que dans la vision, un malaise, un sentiment de honte me parcourait. Des Jordan, comme des Kévin et des Dylan, notre pays en est accablé depuis que les beaufs ont pris le pas sur les prolétaires. C’est pas un problème. Où en tout cas pas la question. Mais qu’un tel parvenu, fils à papa n'ayant jamais rien branlé à l’école ni après, soit ainsi propulsé par les aléas judiciaires et toute une classe médiocre politique animée par le racisme, sans profondeur, ni recul, ni surmoi, sans rien en réalité si ce n’est la bêtise crasse, soit arrivé là, relève du désastre. Dans le droit fil me direz vous de ce que l’on observe un peu partout, encore loin de chez nous mais se rapprochant malgré tout. Chez les libertariens, nationalistes, fascisants il semble quasiment requis de cumuler ignorance, incompétence, grossièreté et méchanceté. Quand je parle de grossièreté, je ne pense pas à l’apparence, ils portent tous la cravate ou le tailleur de marque, mais dans leur manière d’être. C’est que d’Hayange à Carpentras il leur a suffit de clamer « les arabes dehors » pour se retrouver ceints de l’écharpe tricolore. Comme si la haine de l’étranger faisant programme, la mesquinerie et la bêtise devenaient des critères de performance, des passeports pour diriger la France. J’en profite, sans vouloir leur donner de leçon, pour leur suggérer l’idée que pour être un bon français, il est préférable d’être d’abord un bon être humain. Pas sûr que la démonstration produise l’effet escompté.
Mais passons. Marine Le Pen véhicule les mêmes idées détestables, use de la même rhétorique perverse et cynique, mais au moins elle le fait en y mettant les formes et le langage qui nous éloigne au moins d’un marché aux bestiaux du Moyen-Age. Bardella était nul, ce qui n'empêcha pas 16 % des inscrits sur les listes électorales de voter pour lui aux dernières « Européennes ». Alors il ne faut pas douter que la vieille peau de vache forte de son aura et de l’expérience d’une quatrième tentative pour niquer le pays, fera mieux, beaucoup mieux - ou bien pire suivant où l‘on se place -. Les classes moyennes inférieures, addicts au RN, s’égarent toutefois lorsqu’elles méprisent le parlement européen, vu que c’est quand même lui qui engraisse illégalement leur parti de longue date. C’est même par ce délit de détournement estimé à plus de quatre millions que la fille de Jean-Marie a bien failli passer à côté de sa quête quinquennale.
En première instance, le 31 mars 2025 les juges rouges, tels que les définissent Marine et ses amis, lui infligeaient quatre ans de prison (dont deux avec sursis) et cinq ans d‘inéligibilité avec exécution immédiate. C’en était donc terminé de sa candidature et c’est ainsi que nous avons vu gonfler cette improbable baudruche bien coiffée et mal embouchée. Après, ne me demandez pas ce qu’il s’est passé ! Les juges de la cour d’appel ont-ils trempé dans un bain de javel afin de redevenir blanc et donc parfaitement honnêtes, toujours est-il que la peine de la fraudeuse a été réduite de moitié ? Sauf pour l’amande qui reste à 100 000 euros mais, avec tout ce qu’elle a piqué, n'aura aucune peine à s’exécuter pour ces broutilles. Grâce à cette justice que l'on dit de marbre, elle pourra donc s’aligner entre Mélenchon et Philippe en mars prochain et si je n’ai pas fait un cauchemar, c’est même un juge qui a justifié cette décision en estimant qu’il était bon pour le fonctionnement démocratique du pays qu’elle puisse se présenter. Voilà, chers amis, si vous l’ignoriez, sachez qu’il est bon pour la démocratie qu’une personne accusée de détournement de fond massif et condamnée à quatre ans de prison, préside la France !
En réalité, les pouvoirs régaliens de ce pays, la justice, la police sans oublier les finances, souhaiteraient que le Rassemblement National accède au pouvoir, qu’ils ne s’ y prendraient pas bien différemment. Car dans le même temps, en ce mois de juillet qui est à marquer d’une stèle commémorative pour la démocratie sacrifiée, où le parlement a voté le « permis de tuer » à la police et au monde agricole - en dépit de pétitions officielles considérables par le nombre de signataires -, et alors que le sud-ouest brûlait, le premier ministre Lecornu c’est d’abord préoccupé du financement de la campagne de MLP. Toujours au nom de la démocratie et il est étrange de constater à quel point les libéraux se préoccupent tant de l’extrême-droite pour sauver la démocratie !
Jusque-là c’était la Russie, mais aussi l’Arabie Saoudite - là où il y a de bons musulmans - et la Hongrie de l’ami Orban qui régalaient, en offrant de généreux prêts à la fachosphère. Mais Poutine n’est officiellement plus fréquentable, les Princes... sans rire et Orban s’est fait bananer. Quant aux banques françaises, rien n’est simple pour elles dans cette affaire de financement. Ce ne sont pas tant les idées xénophobes et réactionnaires qui les heurtent d’autant qu’elles savent qu’elles ne seront pas inquiétées si le RN et ses amis du patronat venaient à gagner. Mais enfin, prêter à des gens condamnés pour des fraudes massives et dont la comptabilité laisse à désirer, cela fait réfléchir d’autant qu’un nouvel échec est toujours possible. Et puis aider une candidate aussi sulfureuse, malgré tous les efforts louables et massifs du pouvoir et de l’oligarchie, aurait forcément des effets sur leur clientèle jusque-là fidèle.
Alors voyez-vous, entre Bolloré, Stérin et probablement tous les autres, d’Arnault à Saadé, il ne faut pas douter qu’elle va trouver et probablement être gavée de pognon. Mais sur le principe, entre le revirement des juges de la cour d’appel et l’intervention directe de la pour lui assurer à la fois sa présence et de l’aisance, tout est mis en œuvre presque ostensiblement pour que les Français finissent par trouver naturel de voter pour l’extrême droite. Celle dont le seul programme consiste à mettre des climatiseurs partout et à enfermer les écologistes et scientifiques, à faire la chasse aux arabes et aux étrangers (en attendant les autres, les pauvres et tous ceux issus de la diversité), à combattre la culture populaire, les wokes et comme aux Etats-Unis de Trump, les communistes, les rouges, à l’exception des juges qui depuis, ont été blanchis. Vous me trouvez pessimiste ? Cette fois, pas du tout ! Je lis, j’écoute, je sens. Il y a dans ce pays, avec les jeunes surtout, les femmes beaucoup aussi et tout une partie de la société civile et civilisée, éprise de justice et d’égalité, comme une lame de fond qui monte du plus fort de l'âme citoyenne, de cette conscience dont j’ai si souvent redouté le sommeil ou l’oubli. Des Etats-Unis jusqu’au Moyen-Orient, le monde s’abîme pourtant dans une béatitude, une simplification, une soumission affligeante… Mais je me demande si, comme en de si nombreux épisodes heureux de notre Histoire, les lueurs que l’on devine à l’horizon encore sombre, ne viendraient pas, justement, de France...
✒ Merci de signer cette pétition sur le site de l’Assemblée Nationale pour contester cette nouvelle monstruosité : « non à l’intervention de l’État pour le financement de la campagne du RN ». Vous me direz que l’exécutif ne tient jamais compte des pétitions, fussent-elles massives ! Ben peu importe ! Montrons-leur que l’on ne lâchera rien ! https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6690#
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