Je ne sais pas vous, mais ce défilé du 14 juillet provoque toujours en moi une sorte d’inconfort et d’indignation, certes assez habituels pour un certain nombre d’extravagances gouvernementales, mais particulièrement marqué lorsqu’il s‘agit de ce déploiement de force, cette exhibition franchement indécente et déplacée. Cela n’est pas sans rappeler les norias de tanks et de bombes en tout genre, certaines si longues qu’il fallait deux supports motorisés différents pour les tracter lors des commémoration soviétiques, ou bien les parades militaires semblables à d’immenses chorégraphies de soldats chinois tellement uniformes, formatés, robotisés qu’on aurait pu croire à un effet de réalité augmenté. Tout ceci nous glaçait à juste titre, même s’il s’agissait déjà, de la manifestation d’une terreur entretenue par le camp atlantiste. Cette mise en scène sur les Champs-Elysées célébrait aussi le dernier exercice de manipulation de masse de l’imposteur à qui une majorité, certes très relative, de Français ont permis de composer la pire panoplie de reniements et forfaitures qui se puissent imaginer en dix ans, sans les moindres scrupule ou componction. Je ne vais pas ici remonter le temps des mensonges et des errements commis par ce président et son entourage, cela prendrait des pages et beaucoup de temps. D’ailleurs ce seul 14 juillet en symbolise déjà trois. En une seule journée, c’est déjà ça !
Tandis qu’une série de canicules vient rappeler que le pire danger à combattre, ici et maintenant, c’est le changement climatique, la France, dans un excès de zèle et d’intoxication de l’opinion sans précédent, vient de décréter qu’elle consacrerait 436 milliards pour les quatre prochaines années pour ceux qu’ils appellent la « défense » mais rappelle plutôt et furieusement, la préparation d’une attaque. Les vieux crèvent dans les EHPAD, les jeunes ne peuvent plus étudier dans leurs écoles, les étudiants, les malades, les chômeurs, les pauvres en général se voient supprimer des aides, mais sans la moindre consultation on leur pique les quatre sous qui leur restent - sans jamais toucher aux fortunes colossales qui ont doublées en dix ans ! - pour augmenter le budget de la guerre. Au passage, l’État gavera un peu plus les grands patrons et autres profiteurs qui financèrent les campagnes de Macron, Thalès, Safran, Naval-Groupe, etc... Tous les « puissants de la terre » se disent que plus personne de sensé ne se révoltera, puisque la peur du Chinois, du Russe et du lendemain le fera se tenir tapi dans son coin et sa veulerie. D’autant que s’il prenait à quiconque la moindre velléité de courage et de dignité, l’envie de reprendre la rue comme notre passé nous y inviterait génétiquement et notre avenir devrait nous y contraindre, il verrait déferler sur lui des colonnes de formes noires, hideuses et anonymes, prêtes à en découdre et à anéantir toute manifestation de colère ou de simple revendication. Tandis que les nouvelles générations de Français, plus instruites et conscientes des enjeux politiques et sociétaux, recherche un équilibre social et moral, tandis que l’on dépouille donc les services public de la santé et de l‘enseignement notamment, que la meute des droites conteste aussi l’unité et la solidarité entre les races et les religions, la Brav-M est exhibée sur les Champs comme un ordre immanent, une menace permanente.
Enfin et tandis que la Russie subit des revers considérables sur des frontières qu’elle ne parvient même pas à forcer, la France assume d’être la meneuse des va-t-en guerre, en faisant défiler un peloton Ukrainien et en applaudissant à tout rompre ce drapeau jaune et bleu devenu l’emblème et la fierté de l’occident impérialiste, se parant de toutes les vertus tandis que le reste du globe serait composé de barbares à la conquête du monde. Et c’est au moment où elle s’écroule, justement parce qu’elle s’écroule, que l’on veut encore nous l’imposer, cette pensée unique selon laquelle se sont les blancs, chrétiens, capitalistes qui auraient forcément raison et donc, toutes les raisons de faire la guerre. Plus sans doute pour nous imposer de rester bien gentiment tranquilles que pour réellement battre les ogives nucléaires russes ou abattre l’armée chinoise !
Je n’en peux plus, je vous assure, de tous ces donneurs de leçons, ces vertueux qui ont contribué à détruire la planète en moins de deux et de ces États tels que le nôtre qui, dans le pas des Trumpistes, tire sur les gamins des quartiers aussi bien que sur les rebelles, défenseurs des opprimés et ceux qui se soulèvent pour tenter de sauver ce qu’il nous reste de terre. Alors non, évidemment non, je ne l’ai pas du tout aimé ce 14 juillet des propagandistes de l’armement, de la société de consommation et du profit. J’ai beaucoup mieux goûté cette réunion citoyenne à Paimpont, un village de 1200 âmes ou plus de deux mille personnes sont venues écouter la parole subversive, salvatrice et donc sage, de Mélenchon qui ne propose rien d’autre qu’une Révolution. Mais comme on en rêve et l’aimons, par les urnes. Le plus pacifiquement et sainement du monde. Ce qu’il propose pour sortir de ce système éculé, essoufflé, exsangue, profondément injuste, c'est l'avénement d'une Nouvelle France fondée sur la communauté humaine, le partage et non sur l’individu et la vénalité. Un nouveau Monde aussi, d'autres équilibres dont on ne sortira qu’en mettant un terme au manichéisme promu par Trump et ses zélateurs libertariens ; fascistes pour ne pas négliger de le rappeler aux "étourdits". La troisième voie est non seulement possible, mais elle est souhaitable et même inévitable. Les Insoumis, comme toujours sans que jamais on ne les respecte, montrent ainsi la direction qu’il y a maintenant plus de cinquante ans, Charles de Gaulle avait souhaité. Et quand on écoute Mélenchon, on y pense. Irrésistiblement... |
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