Difficile d’imaginer le mignonnet s’enfilant une demi-douzaine de tripous au matin d’une transhumance, faisant glisser le tout avec un vieux rouquin de Marcillac. Et pourtant ! C’est bien en Aveyron, du côté de Rodez, ou de Mur-de-Barrez, ou de Millau, ou de Saint-Geniez-d’Olt - impossible de le localiser précisément tant le petit veau sous la mère Brigitte est agile - qu’il a soulagé une nation n’en pouvant plus de retenir son souffle : Gabriel Attal sera bien candidat à la présidentielle ! En voilà une surprise, on ne l’avait vraiment pas vu venir ! Bon, admettons que tous ces gens qui abordent la compétition suprême, briguant le poste de responsabilité le plus écrasant qui soit, en tiennent une sacré couche. Couche de quoi ? De ce que vous voudrez, mais à part peut-être de Gaulle qui incarnait tellement la fonction et le pays, je n’en vois pas d’autres d’indispensables. Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac disposaient au moins d’une épaisseur, peut-être d’une possible légitimité. Les trois autres sont des branleurs ! Leur couche à eux, la plus épaisse, c’est l’égocentrisme. Surdimensionné. Martien pour Sarkozy, Lunaire pour Hollande, Jupitérien pour celui qui est encore là. Et que, par une raffinement de connerie extravagante, vous avez réélu !!! Alors je ne prétends pas non plus qu’ils sont tous piqués jusqu’à la dernière goutte, que Nathalie Arthaud souffre de la même mégalomanie que Macron, mais il y a tout de même un peu de ça ! Il faut être complètement déglingué du cerveau, abandonné par son surmoi, ravagé de prétention, de vanité, de mégalomanie et de perversité pour prétendre diriger seul un pays tel que le nôtre. Millénaire mais aussi Révolutionnaire. Décider de tout, s’imposer par la force du 49/3 et de la BRAV-M, sans vergogne ni vertige à presque soixante-dix millions d’âmes dont très peu sont d’accord entre elles. Provoquer des élections anticipées et si le résultat ne donne pas satisfaction, ne pas en tenir compte du tout ! En résumé, léser tout un peuple en imposant les décisions, parfois même les caprices, d’une petite élite financière, un potentat, une oligarchie...
Difficile d’imaginer Gabriel Attal gober des tripous à huit heures du mat’, mais l’Aveyron est à la province, ce que Neuilly est à Paris. Hasard ou coïncidence, c’est aussi dans ce département que le galopin Manu avait conclu sa campagne victorieuse en 2017. Sous des dehors de jovialité souvent sincère, l’Aveyronnais est surtout guidé par une vénalité assez exceptionnelle pour être remarquable et si vous voulez connaître le véritable lien, ce n’est pas pour rien si c’est lui, parti d’un coin quasi-désertique, qui a colonisé le business de la restauration parisienne. Quel que soit l’arrondissement - à part au fond de l’escargot, les 19 et 20e - vous tomberez immanquablement sur une brasserie, un restaurant, un bar-tabac, annexé à un moment ou à un autre par l’un de ces fameux « bougnats » bien souvent mal nommés, vu que ce mot est étymologiquement associé à l’Auvergne dont l’Aveyron ne fait pas partie. L’Aveyron aime le travail c’est un fait, mais aussi les héritages qui facilitent grandement la réussite et depuis que les couteaux sont devenus des bijoux hors de prix et que l’on sert l’aligot avec des cuillères en or chez Bras, le côté rustique que l’on identifiait bien à cette région a rapidement évolué vers le bling-bling. En sorte aussi que les élus locaux, jadis très républicains ont muté en des ultra-libéraux de la plus pure veine macroniste. Finalement la seule dichotomie, mais de taille, tient au fait que Gabriel Attal, qui n’a jamais rien foutu de sa vie, s’associe à des gens pour lesquels la « valeur travail » semble cardinale, voire vitale !
Enfin bon, si vous vous demandez comment ce jeune clone - on peut écrire clown aussi - de Macron, ose venir nous en resservir une louche, rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls. C’est pas compliqué, le macronisme est d’une telle incongruité et - enfin - impopularité, qu’il faut être doté et même doué d’un aplomb incommensurable pour oser s’en réclamer. A 37 ans, ce cuistre, ce blanc-bec, ce faraud, a déjà échoué notoirement, d’abord au ministère de l’Éducation où son seul bilan est d’avoir interdit l’abaya (il se sera au moins aliéné la sympathie des fachos), tenté d’imposer l’uniforme (ce qui provoqua une montée orgasmique chez les mêmes, nostalgiques du Maréchal) et dégoûté les enseignants du service public (logiquement puisque lui ne connut que les écoles privées) ! Six mois ! il n’aura dirigé « passionnément » ce ministère que six mois ! Car la carrière l’appelait à Matignon. Là, c’est assez facile de s’en souvenir, il n’a quasiment rien produit. Ce qu’il fait quand même de mieux ! Si bien que neuf mois après, son idole présidentielle, sans même le prévenir - d’après ce qui se raconte et qui reste difficile à croire - son géniteur, concepteur, précepteur - choisissait le mot, on s’en fout ! - l’a carrément viré pour en choisir un autre... qui s’appellerait Bardella. Sauf que le plan a foiré, l’histoire ne s’est pas produite ainsi, on ne va pas la refaire. Toujours est-il et j’insiste, qu’il faut être sacrément gonflé pour oser revenir avec les mêmes idées moisies et le même projeeeeeeeeet consistant à servir quelques milliers de riches (aveyronnais ou pas) contre l’immensité d’une population qui n’en peut plus de ces privilèges et mécomptes, de la disparition des services publics, des injustices institutionnalisées, de dettes abyssales, sans parler de la lâcheté de ceux-là face aux Trump, Nétanyahou et toute l’association de malfaiteurs en train de niquer la planète avec une délectation et une promptitude sidérantes.
Attal - petit fils spirituel d’Attali, comment inventer une chose pareille ? - sorti du sérail socialiste où il milita (un grand classique de duplicité qui se termine immanquablement à droite !), revient nous jouer la scène qui a fait Florès en 2017 : « Je ne suis pas candidat pour faire gagner la droite ou la gauche mais pour relancer l'avenir du pays » et « je veux redonner de l'espoir et ne pas tomber dans le déclinisme, ni dans le sang et les larmes ». Si bien que dans quelques mois, les Glucksmann, Hollande et Faure en déshérence s’y rallieront pour quelques postes de consolation, mais plus encore avec l’obsession d’empêcher Mélenchon et la vraie gauche d’en finir avec un système pourri jusqu’au trognon (et au pognon) ! De Macron à Attal, les valets de la finance ne se préoccupent même plus de modifier ne serait-ce qu’une virgule à toutes leurs sornettes. Le casting est le même, la ficelle aussi. On nous présente de jeunes bourgeois pour se faire élire par des vieux. Bourgeois. Et vous, vous pensez aussi qu’ils nous prennent pour des cons ? |
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