vendredi 6 mars 2026

 

Plus jamais ça !

Longtemps et à partir du moment où je me suis forgé une conscience, je me suis demandé quel homme aurais-je été lors de la dernière guerre mondiale et sous l’occupation. Aurais-je eu la témérité d’aller faire sauter des ponts et des trains, la bravoure d'affronter les soldats de la Wehrmacht dans la nuit froide mal éclairée par une lune tragique, aurais-je seulement la décence  d'ouvrir ma porte et mon gernier à des juifs ou des maquisards ? C’est qu’après la débâcle de 39 et la reddition de Pétain, les grandes effusions vichystes avec les Nazis, il n’y en avait guère de Résistants. Tous les autres avaient de bonnes raisons de s’incliner devant l'occupant. Déjà, la force, c’est toujours ce à quoi consent  le plus commun et médiocre des mortels. La force et le nombre. Sans doute une déformation de l’éducation judéo-chrétienne et lorsque je parle de déformation, tel est bien le cas tant il est vrai que, d’après ce qu’on nous en a dit, Jésus-Christ n’était pas du genre à s’incliner sans combattre. La preuve, c’est que même mort…


L’écrasante majorité de ce qu’il faut bien désigner sous le vocable certes agaçant de bourgeoisie - surtout pour ceux qui s’y reconnaissent -, avait d’autres intérêts à défendre que l’honneur de sa patrie, voire même de sa famille. D’abord sa propre petite vie, plus essentielle que n’importe quelle autre ; son petit commerce pour ceux qui vendaient des chapeaux ou du beurre ; la stabilité de l’emploi pour le fonctionnaire des postes ou de la police ; ses belles économies pour sûr ! Parfois même cela l’arrangeait bien cet harmonique défilé de bottes sur le pavé. Comme une vengeance envers le cousin communiste qui prétendait qu’un jour « on leur prendrait tout » et le voisin, probablement juif, sapé comme un banquier qu’il était sans doute, elle, princesse hautaine et deux marmots qui jouaient du piano bien mieux que les leurs.


Une fois que tous ces révolutionnaires, ces métèques et ces usurpateurs furent raflés et tous plus ou moins gazés ; que les premières rumeurs d’une inversion de tendance, de progression russe et de débarquement anglo-américain lui parvinrent, le français moyen retrouvant aisance et lucidité, se mit à considérer que ces Allemands commençaient à devenir vraiment… envahissant et que ces gens qui faisaient front dans les caves secrètes et les forêts profondes, avaient bien raison. Beaucoup eurent même le culot de bricoler leur croix et comme l’on cuisinerait une quiche, d’en faire une Lorraine. Portant fièrement leur brassard LFI (oups ! Pardon ! FFI) ils rejoignirent les troupes résistantes qui avaient, pour ainsi dire, gagné la partie. Et c’est ainsi que cette France de collaborateurs se découvrit des millions de héros.


Chacun connaît ou devrait connaître notre histoire, bien peu glorieuse mais tellement édifiante. Marx disait : « Qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre. » Nous y sommes ! Et c'est glaçant, lorsque monte du fond de nos campagne, de nos cités ouvrières ou des appartements cossus de la ville, cette musique wagnérienne : "On n'a jamais essayé !" 


L’extrême droite partout dans le monde est à la manœuvre. Avec Trump, Musk, Vance en figure de proue, elle a pris le contrôle de la première puissance militaire au monde. Impose déjà sa loi à tort et à travers. En Amérique du Sud avec Miléi, Kast (fils de Nazi) et d’autres. Au Moyen-Orient  avec Netanyahou et les Emirats du Golfe. En Europe avec Poutine et Orban… Elle prend ses aises et ses réalités.

Chez nous, oui chez nous à Lyon, où elle se croit sur ces terres, un militant néo-nazi venu perturber une conférence de Rima Hasan (ennemie à abattre selon eux) est tombé, face à des militants antifascistes, dans son propre piège. Et l’État, éploré, se mit à délirer, apportant son soutien au malheureux, allant sans le moindre état-d’âme jusqu’à observer une minute de silence à l’Assemblée nationale. Avant d'autoriser le défilé d'une internationale Nazi en hommage à la victime.


Appelant en renfort ce pauvre Orwell et son 1984 - dont on a la nette impression que la grande majorité se balance -, les gens restés lucides, c'est-à-dire soit instruits, soit se tenant à distance de la manipulation médiatique, ont cependant l’impression que quelque chose leur échappe. Il est alors urgent et vital d’aller lire ou au moins écouter ce que nous dit Johann Chapoutot, éminent historien, notamment dans son dernier livre « Les irresponsables ». Il refait la chronologie de la montée du nazisme en Allemagne à partir des années trente et vous allez voir que c’est confondant de similitudes avec ce que nous vivons. Convulsivement, le capitalisme connaît des creux, lorsque ce ne sont pas des gouffres comme celui dans lequel nous chutons. Les responsables du désastre, perdant toute la confiance de ceux qui les ont élus, ne s’accusent évidemment pas, ni ne s’excusent. Ne s’en vont pas davantage - non seulement Macron ne s’est pas retiré, mais il a été jusqu’à refuser de respecter le verdict des urnes ! -

C’est alors que cet extrême-centre, celui qui sévissait à Berlin avant l’arrivée d’Hitler, comme aujourd'hui le nôtre, sur le point de disparaître, n’a plus qu’une solution : se rapprocher de son ancien rival d’extrême-droite. Et voici que, comme ce que nous vivons en direct avec Mmes Bergé, Braun-Pivet, MM Retailleau, Darmanin, Nunez et à peu près toute cette large mouvance allant des socio-démocrates au libéro-chrétiens, apparaissent non seulement des points de convergence mais d’importants pôles d’intérêt avec les fascistes. Pour tous ceux-là, d'ailleurs, fascistes et antifascistes, c'est du pareil au même ! Ni vu, ni connu je t’embrouille, il n’y a plus que deux adversaires : les Insoumis et les Musulmans. Certes les boucs émissaires ont quelque peu changés. Jadis il s’agissait des communistes et des Juifs. Mais l’ignominie est la même. On trempe dans le même bain de manipulation, de calomnie, de stigmatisation. Plus la peine de démontrer que les arabes sont des terroristes qui viennent manger le pain des bons français. Quant aux Insoumis, ils parlent fort, contestent tout, ils ne portent pas de cravate et ils n’aiment pas la France ! Pas la même que la leur, c’est sûr ! Mais jamais leurs pourfendeurs ne  disent jamais qu'ils veulent taxer les riches et rétablir la justice sociale. Comme si ce n'était pas cela, au fond, le seul objet de leur haine.  


Alors faites-en, évidemment, ce que vous en voulez. Suivez le troupeau bien comme il faut si ça vous chante ; écoutez-les et croyez-les, ces « honnêtes gens » comment disent Le Pen et Sarkozy. Mais. Sans réaction, immédiate et vigoureuse, demain vous tomberez dans le fascisme et mangerez dans la main des robots humanoïdes d’Elon Musk, possible premier président de la planète. Vous vivrez entre vous, bien blancs, bien disciplinés, bien dociles.


Ce sera sans moi ! Et c’est pour cela que je parle à mes petits-enfants, que je les préviens d’un monde où seuls le profit et la domination des plus forts comptent et que ce n’est pas ça l’humanité, que c’est même l’exact contraire. Je sais que cela déplaît à leurs parents, m’en fous ! C’est pour cela que ma chronique revient à l’assaut de vos matinées et de votre  conscience - pour ceux qui l’auraient un peu égarée -. Si cela vous ennuie, n’hésitez pas,  désabonnez-vous (il suffit d’un simple "non" par mail). M’en fous aussi !

Vous savez mes amis, face à cette manipulation de masse, la montée du fascisme orchestrée par l’oligarchie et ses obligés, vous ne pourrez plus rien si 50 % et une seule personne de plus le décident dans un an. 

L’antifascisme est un devoir ! Et c’est maintenant. C’est beaucoup d’échanges, de patience et de passion. Un peu de courage aussi...

Johann Chapoutot : "un scénario semblable à 1930"

Vous n’entendrez plus Yoann Chapoutat sur les médias de l’oligarchie et du pouvoir. Comme tant d’autres, cet historien et intellectuel réputé a le tort de savoir de quoi il parle, mais de ne pas forcément dire ce que ceux qui nous dirigent et nous gouvernent veulent entendre. Grâce aux Médias alternatifs - et il sont nombreux et il faut les aider – la parole circule encore. Merci d’y contribuer. Ici il s’agit d’une vidéo réalisée par le quotidien par l’Humanité

Dissoudre Némésis


A l'origine de nombreux troubles et particulièrement devant la faculté de Lyon où Rima Hasan donnait sa conférence, avant que Quentin Durenque meure dans un affrontement entre fascistes et antifas,  nous demandons la dissolution du groupe identitaire Némésis.      

https://www.change.org/p/dissoudre-le-groupe-n%C3%A9m%C3%A9sis-maintenant?recruited_by_id=853014e0-1633-11f1-9c28-d12b252bd25f&utm_source=share_petition&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_term=psf&utm_medium=copylink&share_id=cPdzxDdVG5

Lettre ouverte à Yael

Ne manquez pas la lettre ouverte extraordinaire de Jules Blaster à Yaël Braun Pivet, c’est du velours et vous allez en apprendre énormément. 


https://www.blast-info.fr/articles/2026/chere-yael-braun-pivet-boxing-day-70-ve8LgpQSQW6LpmK1AUqIGA

Enfin pour finir dans la douceur - et presque la bonne humeur - GiedRé en chanson 

Et son mari Pierre Emmanuel Barré (toujours dans la Dernière sur Nova), un petit peu moins doux.

J’adjure tou.te.s celles et ceux qui ont compris cette chronique à la faire suivre au maximum de leur possibilité et de leurs contacts. Merciiiiiiiiiiiiiiii !

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"La bataille suprême est engagée" (de Gaulle – juin 1940)

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